<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://marseille1871.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>La Commune Marseillaise 1871</title>
	<link>https://marseille1871.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://marseille1871.fr/spip.php?id_rubrique=16&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Intro</title>
		<link>https://marseille1871.fr/Intro-63</link>
		<guid isPermaLink="true">https://marseille1871.fr/Intro-63</guid>
		<dc:date>2025-01-28T09:51:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>bruno</dc:creator>



		<description>

-
&lt;a href="https://marseille1871.fr/-Gaston-Cremieux-Textes-choisis-16-" rel="directory"&gt;Gaston Cr&#233;mieux - Textes choisis&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Impressions d'un condamn&#233; &#224; mort</title>
		<link>https://marseille1871.fr/Impressions-d-un-condamne-a-mort-59</link>
		<guid isPermaLink="true">https://marseille1871.fr/Impressions-d-un-condamne-a-mort-59</guid>
		<dc:date>2025-01-28T09:50:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>bruno</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; L'homme est un apprenti ; la douleur est son ma&#238;tre, &lt;br class='autobr' /&gt;
Et nul ne se conna&#238;t avant d'avoir souffert. &lt;br class='autobr' /&gt;
A. de Musset (Les Nuits) &lt;br class='autobr' /&gt;
Les vaincus n'ont pas d'histoire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Marc-Duffraisse &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
28 juin 1871. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce matin, nous n'avons fait &#224; l'audience qu'une courte apparition. &#192; peine &#233;tions-nous assis, le pr&#233;sident nous a r&#233;p&#233;t&#233; automatiquement la question qu'il nous avait adress&#233;e la veille ; il nous a demand&#233; si nous n'avions rien &#224; ajouter &#224; notre d&#233;fense. Il s'agissait pour lui de couvrir une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://marseille1871.fr/-Gaston-Cremieux-Textes-choisis-16-" rel="directory"&gt;Gaston Cr&#233;mieux - Textes choisis&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;em&gt;&#171; L'homme est un apprenti ; la douleur est son ma&#238;tre,&lt;br /&gt;
Et nul ne se conna&#238;t avant d'avoir souffert.&lt;br /&gt;
A. de Musset (Les Nuits)&lt;br /&gt;
Les vaincus n'ont pas d'histoire.&lt;br /&gt;
Marc-Duffraisse &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb_2Fem&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les deux citations sont en exergue dans le texte original.&#034; id=&#034;nh_2Fem&#034;&gt;/em&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 juin 1871.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, nous n'avons fait &#224; l'audience qu'une courte apparition. &#192; peine &#233;tions-nous assis, le pr&#233;sident nous a r&#233;p&#233;t&#233; automatiquement la question qu'il nous avait adress&#233;e la veille ; il nous a demand&#233; si nous n'avions rien &#224; ajouter &#224; notre d&#233;fense. Il s'agissait pour lui de couvrir une nullit&#233; de forme. Nous nous sommes bien gard&#233;s de r&#233;pondre, le laissant libre d'interpr&#233;ter notre silence &#224; sa guise. La cl&#244;ture des d&#233;bats a donc &#233;t&#233; prononc&#233;e en r&#233;alit&#233; pour la seconde fois.&lt;br /&gt;
Alors de Pleuc, avocat de Ducoin, s'est lev&#233; et il a d&#233;pos&#233;, au nom de M. Rouvi&#232;re, d&#233;fenseur de &lt;dico&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article146216&amp;recherche=Bouchet&#034; class='spip_out' title=&#034;D&#233;finition&#160;: N&#233; vers 1841 &#224; Embrun (Hautes-Alpes) ; participant &#224; la Commune de Marseille (&#8230;)&#034;&gt;Bouchet&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;, des conclusions qui avaient &#233;t&#233; d&#233;j&#224; lues &#224; une pr&#233;c&#233;dente audience.&lt;br /&gt;
La maladresse &#233;tait commise, avant que nous eussions pu l'emp&#234;cher.&lt;br /&gt;
Le conseil est entr&#233; dans la salle des d&#233;lib&#233;rations, et nous avons &#233;t&#233; reconduits dans notre prison.&lt;br /&gt;
Bient&#244;t apr&#232;s, on nous avertit que nous allons &#234;tre transf&#233;r&#233;s au fort Saint-Nicolas ; nous faisons nos pr&#233;paratifs en toute h&#226;te ; Bouchet, Ducoin, Breton, dans la certitude de leur acquittement, renvoient &#224; leurs familles des paquets de linge et de v&#234;tements et ne gardent que le n&#233;cessaire.&lt;br /&gt;
Nous voici rang&#233;s sur deux lignes dans le vestibule du palais de justice qui donne sur la rue Fortia. Les gendarmes nous mettent les menottes ; on attache ma main droite &#224; la gauche d'&#201;tienne ; mais la cha&#238;ne ne nous serre pas.&lt;br /&gt;
Nous prenons place avec P&#233;lissier et Ducoin, Duclos, Novi, Nastorg et Bouchet, dans un des omnibus r&#233;quisitionn&#233;s au grand H&#244;tel du Louvre et de la Paix, qui a d&#233;j&#224; servi &#224; notre transfert du fort Saint-Nicolas au palais de justice. Deux compagnies de chasseurs nous accompagnent.&lt;br /&gt;
Il est neuf heures ; la matin&#233;e est splendide. Dans la rue Fortia et dans la rue Grignan, au seuil des portes et des magasins, aux fen&#234;tres des maisons, nous apercevons des visages attrist&#233;s o&#249; la sympathie a plus de place que la curiosit&#233; banale. Quelques femmes pleurent sur notre passage ; ceux qui nous connaissent nous d&#233;signent et semblent prononcer notre nom. Des enfants courent insouciants, en t&#234;te de notre cort&#232;ge. Je pense &#224; mes trois &#234;tres ch&#233;ris, &#224; ma jeune femme, et des larmes coulent de mes yeux. Un pr&#234;tre, dit-on, nous suit. A notre droite marche un jeune lieutenant, blond, svelte, plus ennuy&#233; qu'impressionn&#233; ; son attitude est digne.&lt;br /&gt;
Nous approchons du boulevard de la Corderie. Je lis nonchalamment une enseigne inachev&#233;e, aux lettres noires, sur une muraille blanche : Fonderie de la Corderie. Puisse-t-elle prosp&#233;rer ! A ce moment, la brise marine dilate et rafra&#238;chit nos poumons.&lt;br /&gt;
Voil&#224; six jours que nous n'avons respir&#233; l'air libre, et cette vague senteur caresse notre imagination et nos sens alourdis. Au large, le ch&#226;teau d'If o&#249; tant d'autres g&#233;missent. Plus loin, l'espace immense, l'horizon bleu.&lt;br /&gt;
Encore quelques instants, et cette vision de la libert&#233; aura disparu, et je ne verrai plus que la vo&#251;te humide et sombre de notre casemate.&lt;br /&gt;
Duclos remarque que le mur d'enceinte du fort n'est &#233;lev&#233; que de quatre m&#232;tres tout au plus au-dessus du roc taill&#233; en plate-forme pr&#232;s de la caserne Saint-Victor, et que cette plate-forme n'est pas gard&#233;e.&lt;br /&gt;
Les voitures gravissent paisiblement le chemin escarp&#233; qui ceinture le glacis du donjon du c&#244;t&#233; d'Endoume et des Catalans. Le pont-levis est abaiss&#233;, et pour la troisi&#232;me fois le fort Saint-Nicolas nous ressaisit.&lt;br /&gt;
&#201;tienne rajuste en toute h&#226;te la cha&#238;ne des menottes que chemin faisant, nous avions sans plus de fa&#231;on mise dans nos poches, sous le regard bienveillant du brave brigadier qui, pendant tout le cours du proc&#232;s, m'a constamment taill&#233; mon crayon avec une patience infatigable. Cet homme nous plaint ; il ne peut s'habituer &#224; nous consid&#233;rer comme des malfaiteurs ; il comprend que ma main fait trop d'honneur &#224; ses menottes. Que ne nous &#233;pargnerait-il pas, s'il &#233;tait le ma&#238;tre !&lt;br /&gt;
Brigadier, vous avez raison.&lt;br /&gt;
On nous conduit enfin dans la demi-lune o&#249; l'on descend par un &#233;troit escalier qui relie le chemin de ronde au bastion qui domine la caserne Saint- Victor ; on ferme la porte sur nous.&lt;br /&gt;
On &#233;prouve un saisissement douloureux &#224; entrer dans un nouveau cachot, comme &#224; quitter celui o&#249; l'on a v&#233;cu, ne fut-ce que quelques heures.&lt;br /&gt;
La merveilleuse &#233;lasticit&#233; de la nature humaine r&#233;agit vivement contre cette premi&#232;re impression.&lt;br /&gt;
Bient&#244;t on se secoue, on s'oriente, on se case &#224; sa guise, au gr&#233; de ses habitudes et de ses sympathies, les uns cherchant l'ombre, d'autres la lumi&#232;re ; puis, l'installation finie, on se remet au r&#234;ve, au sommeil, au travail interrompus ; on s'arrange le plus commod&#233;ment possible pour vivre, en attendant ce qu'on esp&#232;re ; comme un mendiant turc endormi qu'un passant a heurt&#233; du pied et qui, apr&#232;s avoir maudit le chien de chr&#233;tien et grommel&#233; entre ses dents, reprend son somme.&lt;br /&gt;
Jetez un homme au fond d'un gouffre, &#244;tez-lui l'espoir d'en sortir ; encore tout meurtri de sa chute, il cherchera ses aises, un lit pour le repos de son corps et de ses pens&#233;es. Encore, pensera-t-il peu. En prison, la grande affaire est de savoir o&#249; et comment on dormira. C'est l&#224; surtout que le sommeil apporte l'oubli des maux. Neuf fois sur dix, on r&#234;ve qu'on est libre. Aussi chacun de nous se met &#224; l'&#339;uvre et en quelques minutes la prison se transforme ; chacun a d&#233;j&#224; marqu&#233; sa place en l'occupant.&lt;br /&gt;
Notre cachot, appel&#233; demi-lune, taill&#233; dans le roc, ressemble, comme son nom l'indique, &#224; un tunnel, haut de quatre m&#232;tres, de treize m&#232;tres de long sur six m&#232;tres de large. Il est faiblement &#233;clair&#233; par une fen&#234;tre grill&#233;e, donnant sur l'escalier, et par deux lucarnes rondes perc&#233;es dans la vo&#251;te donnant sur la terrasse, o&#249; elles sont recouvertes d'un chapiteau en bois noir : comme si l'on voulait que la lumi&#232;re ne nous arriv&#226;t pas directement du ciel.&lt;br /&gt;
Nous sommes bien rest&#233;s un quart d'heure avant d'y voir goutte. A droite, le long de la muraille, court un &#233;norme lit de camp dont l'entablement est b&#226;ti dans le roc.&lt;br /&gt;
Les seize matelas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ils n'&#233;taient en effet que seize &#224; avoir &#233;t&#233; ramen&#233;s en prison apr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, serr&#233;s les uns contre les autres, y sont &#224; l'&#233;troit. Mais on sait que le verdict en d&#233;lib&#233;ration &#233;claircira les rangs.&lt;br /&gt;
Hermet et Genetiaux seront certainement acquitt&#233;s. Le commissaire du gouvernement a abandonn&#233; l'accusation &#224; leur &#233;gard.&lt;br /&gt;
On croit &#224; l'acquittement de Ducoin, de Sorbier, de Breton, sans aucun doute, et peut-&#234;tre de Matheron.&lt;br /&gt;
Bouchet pourrait aussi ne pas &#234;tre condamn&#233; ; il s'est d&#233;fendu tr&#232;s habilement ; il a profit&#233; de tous les incidents d'audience.&lt;br /&gt;
En attendant, les conjectures vont leur train, et comme la casemate est vaste, on va et vient par groupes anim&#233;s. Matheron, qui a dessin&#233; mon portrait, r&#233;clame quelques vers pour le sien. On me pr&#234;te un crayon et j'improvise sur le mur un acrostiche plusieurs fois interrompu : je me h&#226;te de le terminer, sentant bien que ma libert&#233; d'esprit serait de peu de dur&#233;e, tout autant que la d&#233;tention du dessinateur. Il faut en finir ! comme disent nos adversaires politiques. Les deux derniers vers arriveront p&#233;niblement. Enfin, gr&#226;ce &#224; la collaboration de Breton, l'acrostiche est termin&#233;, et Matheron le recopie avec une satisfaction visible.&lt;br /&gt;
Le voici :&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;M&lt;/strong&gt;atheron, commandant de la garde civique,&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;A&lt;/strong&gt; la garde civique a d&#251; tous ses malheurs ;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;T&lt;/strong&gt;out ce que sa nature avait de pacifique,&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H&lt;/strong&gt;umeur fra&#238;che, c&#339;ur d'or, crayon philosophique,&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;E&lt;/strong&gt;st voil&#233; par ce spectre aux sinistres couleurs.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;R&lt;/strong&gt;iv&#233; par l'injustice &#224; cette ombre baroque,&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;O&lt;/strong&gt;n voit que notre ami, pour finir ses douleurs,&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;N&lt;/strong&gt;'avait que son crayon, et d'un trait il la croque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que nous rimons, le conseil de guerre d&#233;lib&#232;re en d&#233;jeunant et distribue nos condamnations sans perdre une bouch&#233;e.&lt;br /&gt;
Midi sonne, - notre d&#238;ner n'arrive pas, - nous avons faim. - Nos familles sont-elles averties de notre transf&#232;rement ?&lt;br /&gt;
Singuli&#232;re journ&#233;e toute pleine de surprises et d'inqui&#233;tudes, de tristesse et de joie immod&#233;r&#233;e ! &#8212; On passe sans transition de l'abattement &#224; une gaiet&#233; folle. J'observe un instant mes compagnons. P&#233;lissier dort ; il a &#233;lev&#233; le sommeil &#224; la hauteur d'une institution et pr&#233;tend avoir trouv&#233; le moyen de dormir &#224; volont&#233;. &#201;tienne fume &#224; c&#244;t&#233; de Breton, qui fume aussi de l'air d'un homme certain de coucher dans son lit. Il trouve tout au plus la d&#233;lib&#233;ration du conseil un peu longue ; mais il consent &#224; prendre patience.&lt;br /&gt;
Ducoin, &#201;berard se prom&#232;nent &#224; grands pas. Ils sont anxieux, mais ils esp&#232;rent.&lt;br /&gt;
Bouchet et Matheron sont d'une gaiet&#233; folle. Ce qui est tr&#232;s rare chez Bouchet est tr&#232;s commun chez Matheron. Matheron rit par caract&#232;re, par temp&#233;rament ; nature franche, &#226;me d'artiste ; sa joie d&#233;ride les fronts les plus soucieux. Il ignore ce qui sera d&#233;cid&#233; de lui sans pouvoir se r&#233;soudre &#224; s'en inqui&#233;ter. Le rire de Bouchet est forc&#233; ; il ne sait pas rire, sa joie &#233;clate triomphante, mais il essaye de la contenir.&lt;br /&gt;
Duclos, Chachuat, Novi discutent tr&#232;s haut sans pouvoir ni vouloir se comprendre : ce qui les am&#232;ne &#224; se f&#226;cher souvent.&lt;br /&gt;
Sorbier d&#233;vore ou plut&#244;t d&#233;pouille les journaux et se livre par moments &#224; des commentaires enthousiastes. Il croit &#224; son acquittement ; mais comme il a d&#233;j&#224; recueilli une condamnation pour d&#233;lit de presse &#224; deux ans de prison, cet espoir serait-il une certitude qu'il ne changerait en rien son humeur.&lt;br /&gt;
Enfin, on nous annonce l'heure de la promenade et du d&#238;ner. On nous conduit sur le chemin de ronde et nous mangeons par groupes, sous un soleil caniculaire, entre deux haies de chasseurs, la ba&#239;onnette au fusil. Nous nous plaignons de cette r&#233;cr&#233;ation transform&#233;e en torture ; mais nos surveillants n'y peuvent rien.&lt;br /&gt;
Quand nous pouvons &#224; la d&#233;rob&#233;e nous tenir debout sur les assises du glacis, nous jetons un regard sur la colline et l'&#233;glise de Notre-Dame de la Garde, sur la colline Bonaparte, sur un coin de ce Marseille que nous aimons tant, o&#249; nous avons v&#233;cu au milieu des n&#244;tres, heureux, consid&#233;r&#233;s, actifs, d&#233;vou&#233;s &#224; notre cause. &#8212; H&#233;las ! dans quel ab&#238;me allons-nous &#234;tre pr&#233;cipit&#233;s !&lt;br /&gt;
Est-ce par notre faute ?&lt;br /&gt;
Montaigne dit : Que sais-je ?&lt;br /&gt;
Et je me souviens d'un vieux vers latin qu'un po&#232;te du XIIIe si&#232;cle ne croyait pas avoir &#233;crit pour nous : &lt;em&gt;Felix quem facient aliena pericula cautum. [Heureux celui que les &#233;preuves d'autrui ont rendu sage]&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
Mais est-il digne de mettre &#224; profit les p&#233;rils des autres pour devenir habile ?&lt;br /&gt;
Laurier dit : Oui ; Je dis : Non !&lt;br /&gt;
Ainsi ont pass&#233;, ainsi ont agi les Delpech, les Rouvier, et leur ma&#238;tre &#224; tous : Laurier le pleutre.&lt;br /&gt;
Pi&#232;tres personnages dont le temps est venu !&lt;br /&gt;
Voil&#224; d&#233;j&#224; plusieurs heures que nous r&#244;dons dans notre casemate ; on a chant&#233;, on a soup&#233;, on s'est &#233;gay&#233; &#224; froid ; on a discut&#233; sur les chances du jugement.&lt;br /&gt;
Depuis la veille, je me suis imagin&#233; que le conseil de guerre pencherait pour l'indulgence et que je serai condamn&#233; &#224;... cinq ans de d&#233;tention, et cela m'effraye !&lt;br /&gt;
Tout &#224; coup, la porte s'ouvre, un bruit de pas remplit l'escalier, on apporte une table, deux chaises, une bougie dans un chandelier plaqu&#233; en argent : le tout pour le prononc&#233; de notre sentence.&lt;br /&gt;
Cette faible lumi&#232;re dans notre prison sombre produit un effet lugubre.&lt;br /&gt;
Le commissaire du gouvernement entre et reste pr&#232;s de la porte. M. Peloux, le greffier, se place devant la table ; nous nous rangeons tout autour, en deux cercles.&lt;br /&gt;
Je me trouve plac&#233; en face du greffier, en pleine lumi&#232;re. D'une voix rendue assur&#233;e, il lit :&lt;br /&gt;
&#171; &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;, reconnu coupable... d'embauchage (je comprends le reste), condamn&#233; &#224; mort&#8230; &#187;&lt;br /&gt;
Un trait rapide me traverse le c&#339;ur, mais j'attache, sans parler, ni trembler, un regard d&#233;daigneux sur le commissaire du gouvernement, qui tient ses yeux baiss&#233;s ; je n'&#233;prouve ni douleur, ni crainte. Il me semble qu'on vient de me lancer une insulte ; si j'ai fait un geste, j'ai d&#251; hausser les &#233;paules ; je plains mes juges.&lt;br /&gt;
P&#233;lissier a continu&#233; de rouler sa cigarette ; &#201;tienne, la main appuy&#233;e contre le mur, n'a pas boug&#233;.&lt;br /&gt;
Breton, qui attendait sa mise en libert&#233;, s'entend condamner &#224; la d&#233;portation ; il para&#238;t avoir re&#231;u un grand coup.&lt;br /&gt;
Quelques-uns font &#233;clater leurs plaintes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les deux citations sont en exergue dans le texte original.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sorbier, hors de lui, mais acquitt&#233;, l&#226;che cette parole furieuse : &#171; Comment ! ils ont condamn&#233; Breton ? Nous sommes tous coupables, except&#233; lui ! Qu'on nous fusille tous, mais qu'on acquitte Breton ! &#187;&lt;br /&gt;
Je m'assieds et je prie mes amis de se calmer. Il est convenu avec M. Peloux que l'on viendra le lendemain recevoir notre pourvoi en r&#233;vision.&lt;br /&gt;
Bouchet, Ducoin, Hermet, Gen&#233;tiaux, Matheron, acquitt&#233;s, nous embrassent &#224; la h&#226;te ; leurs familles les attendent, ils retournent dans la vie, ils seront heureux.&lt;br /&gt;
Ducoin, Matheron, Hermet pleurent en nous quittant.&lt;br /&gt;
La porte se referme, le verrou est tir&#233;.&lt;br /&gt;
Un grand silence r&#232;gne dans la casemate ; chacun se retire &#224; l'&#233;cart ; je me couche ; je pense &#224; ma femme, &#224; mes enfants, &#224; tous ceux que j'aime et qui, comme moi, ont la mort dans l'&#226;me. Je pleure silencieusement.&lt;br /&gt;
Nuit douloureuse entre toutes, nuit de fi&#232;vre, d'angoisses mortelles !&lt;br /&gt;
&#212; mon Dieu, &#233;pargne &#224; mes plus cruels ennemis de pareilles tortures !&lt;br /&gt;
Pendant cette nuit-l&#224;, toute mon existence a pass&#233; comme un r&#234;ve dans mon esprit tourment&#233;. Et &#224; chaque instant, comme s'il se d&#233;roulait en moi la cha&#238;ne de ma vie, une figure ang&#233;lique apparaissait et disparaissait tour &#224; tour. Des paroles d'amour, de consolation, d'esp&#233;rance retentissaient &#224; mon oreille :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; Ne crains rien, je suis l&#224;, je veille. Ne suis-je pas ton ange gardien ?&lt;br /&gt;
J'ai mis la main sur mon c&#339;ur tout rempli d'elle, j'ai r&#233;p&#233;t&#233; mille fois son nom, et berc&#233; par cette douce image, vers le matin j'ai dormi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;margin-left: 40px;&#034;&gt;29 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous signons notre pourvoi en r&#233;vision, nous d&#233;jeunons paisiblement en attendant l'heure des visites. En ce moment le fort Saint-Nicolas regorge de d&#233;tenus politiques ; il n'y a qu'un parloir et deux jours de visite par semaine ; l'entretien de famille sera bien raccourci ; il durera quelques minutes &#224; peine. Dure n&#233;cessit&#233; ! le temps est long, d&#233;j&#224; quelques-uns d'entre nous ont &#233;t&#233; appel&#233;s ; enfin, mon tour arrive ; je h&#226;te le pas, entre les quatre chasseurs qui m'accompagnent. J'entre enfin dans le parloir.&lt;br /&gt;
C'est ma No&#233;mi que j'aper&#231;ois la premi&#232;re ! Elle se l&#232;ve ; nous nous regardons un instant avant de nous rapprocher ; nous nous sommes compris. &#8212; Du courage ! Ne livrons pas notre douleur en spectacle ! Un ardent baiser a tout dit.&lt;br /&gt;
Mon p&#232;re, maman, mes beaux-fr&#232;res me font part des marques de sympathie dont je suis l'objet et que ma condamnation a &#233;veill&#233;es dans toutes les classes de la population marseillaise. On ne croit pas &#224; l'ex&#233;cution ; on sait notre &#233;nergie, on partage notre douleur.&lt;br /&gt;
No&#233;mi va partir pour Paris ; elle a d&#233;j&#224; re&#231;u un t&#233;l&#233;gramme d'Adolphe &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb_2Fp&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur Adolphe Cr&#233;mieux voir voir plus haut dans Introduction aux Impressions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh_2Fp&#034;&gt;/p&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;qui l'attend et qui esp&#232;re me d&#233;livrer. Nous nous sommes &#224; peine vus ; on nous s&#233;pare : des temps meilleurs viendront. &#192; bient&#244;t, ma toute d&#233;vou&#233;e. Que Dieu t'accompagne ! Dimanche on m'am&#232;nera mes trois jeunes enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;margin-left: 40px;&#034;&gt;Dimanche, 2 juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore, nous recevons des visites. Les &#233;chos de la ville &#233;mue arrivent jusqu'&#224; nous. On s'indigne des condamnations prononc&#233;es ; on ne croit pas &#224; l'ex&#233;cution. Pour nous, nous sommes convaincus que ceux qui ont eu le courage sans &#233;pith&#232;te de nous condamner de cette sorte, nous feront ex&#233;cuter, s'ils le peuvent ; mais le pourront-ils ? Condamn&#233;s et juges sont pes&#233;s dans la m&#234;me balance ; de quel c&#244;t&#233; penchera-t-elle ?&lt;br /&gt;
No&#233;mi est arriv&#233;e &#224; Paris, M. Adolphe &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; l'attendait &#224; la gare. Elle est &#224; Paris depuis cinq jours. Quel c&#339;ur ! Il l'a re&#231;ue paternellement, l'a consol&#233;e, lui a promis de la diriger dans ses d&#233;marches, de ne pas l'abandonner, enfin de me sauver.&lt;br /&gt;
Mais il me garde rancune, et, en attendant qu'il connaisse ma conduite, il ne veut pas me pardonner, dit-il. Nous verrons bien !&lt;br /&gt;
J'ai &#233;crit &#224; Me Albert Aicard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'avocat Albert Aicard (1846-1927), ancien B&#226;tonnier de l'ordre des avocats (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; une lettre o&#249; j'ai laiss&#233; d&#233;border toutes mes douloureuses impressions et ma gratitude envers lui.&lt;br /&gt;
Au fond, je m'en veux de rendre malheureux un de mes confr&#232;res qui vivait si heureux, si tranquille, en p&#232;re de famille, &#224; l'abri des soucis et des pr&#233;occupations politiques.&lt;br /&gt;
Nous l'avons entra&#238;n&#233; dans cette sph&#232;re ardente o&#249; nous vivons depuis deux ans.&lt;br /&gt;
Puisse-t-il en sortir le plus vite possible et retrouver le calme et le repos d'esprit que nous lui avons enlev&#233;s !&lt;br /&gt;
Mauvaise nouvelle ! On a fait la nuit derni&#232;re soixante arrestations &#224; la Belle de Mai. Le fort Saint-Nicolas regorge de d&#233;tenus, les surveillants sont sur les dents. Ils se plaignent beaucoup plus haut que les prisonniers.&lt;br /&gt;
Voyons, monsieur Espivent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur Espivent, le g&#233;n&#233;ral qui &#233;crasa la Commune de Marseille, voir plus haut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un bon mouvement. Par piti&#233; pour les ge&#244;liers, cessez d'emprisonner les r&#233;publicains !&lt;br /&gt;
Grande nouvelle, grande joie sur toute la surface de la France ! Les l&#233;gitimistes sont battus : sur 114, 93 r&#233;publicains sont &#233;lus ; l'horizon s'&#233;claircit.&lt;br /&gt;
Nous soupons en famille, tous ensemble ; nous chantons, nous lisons tout haut le discours de Gambetta aux paysans. Voil&#224; enfin une soir&#233;e joyeuse, apr&#232;s tant de tristes journ&#233;es.&lt;br /&gt;
Sorbier nous quitte, on le transf&#232;re &#224; la prison civile de Saint-Pierre. J'ai &#233;crit &#224; No&#233;mi de faire pour moi la m&#234;me demande. R&#233;ussirons-nous ? Nous quitterions cette casemate humide o&#249; nous sommes condamn&#233;s &#224; perdre la vue et &#224; gagner des rhumatismes, comme le pauvre Gustave Naquet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur Gustave Naquet voir voir plus haut dans Introduction aux Impressions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Reverrons-nous Sorbier ? Nous nous embrassons et nous pleurons ; s&#233;paration cruelle pour des hommes habitu&#233;s &#224; vivre ensemble, &#224; se consoler mutuellement ! La communaut&#233; devient si &#233;troite, qu'un d&#233;part semble un d&#233;chirement d'entrailles.&lt;br /&gt;
No&#233;mi &#224; Paris fait des merveilles. Elle &#233;meut profond&#233;ment tous ceux aupr&#232;s de qui elle interc&#232;de. &#8212; Que de courage il lui faut pour lutter contre tant de pr&#233;ventions et de passions d&#233;cha&#238;n&#233;es contre nous, consid&#233;r&#233;s comme des hommes sanguinaires, des sc&#233;l&#233;rats dignes de tous les supplices ! Tout d'abord mal re&#231;ue, elle parvient &#224; force d'&#233;loquence, &#224; faire passer chez d'autres la conviction qui l'anime. M. &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; m'&#233;crit qu'elle est admirable. Quelle puissance contient le c&#339;ur de la femme qui aime ! Elle sait ce qu'elle veut, elle le veut violemment, &#233;perdument, passionn&#233;ment ; rien ne la d&#233;tourne du but ; il faut qu'elle sauve son mari. Elle le sauvera.&lt;br /&gt;
Le vendredi 7 juillet, &#224; trois heures du matin, juste trois mois, heure par heure, apr&#232;s mon arrestation , comme nous dormions profond&#233;ment dans notre demi-lune, qui n'&#233;tait pas pr&#233;cis&#233;ment une demi-lune de miel, on vint nous avertir, sans pr&#233;ambule, que les condamn&#233;s allaient &#234;tre conduits &#224; la prison de Saint-Pierre.&lt;br /&gt;
Voil&#224; toute la casemate en &#233;moi.&lt;br /&gt;
Nous avions d'ailleurs un quart d'heure pour nous lever, nous habiller et nous pr&#233;parer. Je fus saisi d'un acc&#232;s de bile qui dura au moins dix-huit minutes ; j'&#233;tais dans la voiture cellulaire que je continuais &#224; expectorer.&lt;br /&gt;
Que voil&#224; bien le r&#233;gime militaire ! Ses faveurs, quand il nous en gratifie par hasard, vous tombent sur la t&#234;te comme des bombes. Le militaire ne vous crie jamais gare. Il vous envoie de m&#234;me fa&#231;on ses am&#233;nit&#233;s et sa mitraille.&lt;br /&gt;
On aurait pu nous avertir d&#232;s la veille que nous serions transport&#233;s dans une prison moins humide ; nous nous serions pr&#233;par&#233;s &#224; l'aise et nous aurions dormi d'un sommeil ais&#233;.&lt;br /&gt;
Pas du tout, on nous bombarde rudement d'un adoucissement de peine comme si l'on venait ex abrupto nous passer par les armes.&lt;br /&gt;
En trois temps et un mouvement !&lt;br /&gt;
Attention ! Joue ! Feu ! On vous pardonne.&lt;br /&gt;
Tous ces gens-l&#224; ont conserv&#233;, je ne sais comment, un c&#339;ur fossile qui palpite de temps en temps sous une couche alluvionnaire de discipline, de commandement et de brusquerie. En r&#233;sum&#233;, ils sont plus na&#239;fs que m&#233;chants.&lt;br /&gt;
Il y eut, &#224; cette nouvelle, parmi nos camarades et nous, un mouvement de surprise douloureuse.&lt;br /&gt;
Nous &#233;tions comme ces corps dont on arrache les membres un &#224; un.&lt;br /&gt;
Tous se lev&#232;rent sur leur s&#233;ant et nous regardions faire nos appr&#234;ts de voyage, comme si nous partions pour les antipodes et qu'ils ne dussent plus nous revoir.&lt;br /&gt;
A part les diff&#233;rences d'opinion r&#233;duites &#224; de pures nuances, et celles de temp&#233;rament et d'&#233;ducation, la plus &#233;troite fraternit&#233; n'avait pas cess&#233; de dominer parmi nous, et la nombreuse compagnie nous pr&#233;servait de tout ennui ; mais peu &#224; peu les rangs s'&#233;claircissaient, et ceux qui demeuraient dans cette triste cave sentaient p&#233;n&#233;trer en eux le froid de l'obscurit&#233; et de la solitude.&lt;br /&gt;
D'abord l'acquittement avait ouvert la porte &#224; Bouchet, &#224; Matheron, &#224; Duclos ; les deux derniers m'&#233;taient tr&#232;s sympathiques ; Hermet, qui m'&#233;tait tr&#232;s d&#233;vou&#233;, Gen&#233;tiaux, &#233;taient partis avec eux. Ce fut bien pire au d&#233;part de Sorbier, que nous ne pensions plus revoir, et pourtant nous le retrouvons &#224; Saint-Pierre. Plusieurs d'entre nous pleuraient en l'embrassant ; il &#233;tait excellent camarade, gai causeur, esprit subtil, enclin &#224; l'enthousiasme, surtout homme bien &#233;lev&#233; et de bonne compagnie ; ce qui ne g&#226;te rien, surtout en prison, o&#249; les natures violentes, surexcit&#233;es par le chagrin, tournent &#224; la fureur ou &#224; l'hypocondrie.&lt;br /&gt;
Enfin, nous partions &#224; notre tour, et nous sentions bien que la douleur que nous &#233;prouvions &#233;tait partag&#233;e par nos camarades. Ainsi notre chambr&#233;e &#233;tait coup&#233;e en deux : une partie s'en allait &#224; Saint-Pierre attendre ! Quoi ? On ne le sait que trop et pourtant on en doutera jusqu'&#224; la derni&#232;re heure. L'autre retournera peut-&#234;tre au ch&#226;teau d'If, puisqu'il est dit qu'une prison, si remplie qu'elle soit, doit toujours finir par se vider. &#8212; Nous reverrons-nous jamais et surtout libres ?&lt;br /&gt;
On se quitte, attrist&#233;s, comme si l'on ne devait jamais plus se revoir.&lt;br /&gt;
Breton para&#238;t constern&#233; et fait semblant de se rendormir, il a peut-&#234;tre peur de sa faiblesse, &#8212; esprit charmant qui vivait de causerie ! &#8212; Lui reste-t-il quelqu'un avec qui converser et philosopher pendant les longues heures de la nuit ? Il s'&#233;tait &#233;tabli entre nous une fraternit&#233; de po&#232;te &#224; po&#232;te qui nous rendait moins p&#233;nible la monotonie de la prison. Je lui prenais le bras, lui fumant et r&#234;vant, et je lui r&#233;citais des vers dont il savourait avec d&#233;lice les moindres beaut&#233;s et dont il critiquait galamment les passages m&#233;diocres.&lt;br /&gt;
Il se tourne, m'embrasse, et retombe sur son lit comme une masse inerte.&lt;br /&gt;
Nous avons su plus tard que Breton craignait d&#232;s lors d'&#234;tre reconduit au ch&#226;teau d'If et qu'il ressentait une profonde horreur pour cette abominable prison politique o&#249; les prisonniers &#233;taient rong&#233;s par la vermine, couch&#233;s sur une paille ou plut&#244;t sur du fumier, buvant de l'eau et respirant un air rare par une grille &#233;troite ; on &#233;tait quatre-vingts prisonniers dans une casemate qui pouvait &#224; peine en contenir quarante.&lt;br /&gt;
Pauvre R&#233;publique ! Comme on abuse de ton nom pour martyriser tes enfants les plus d&#233;vou&#233;s !&lt;br /&gt;
Mais eux ne s'y trompent point ! Ils savent que les coups qu'ils re&#231;oivent ne leur viennent pas de ta main.&lt;br /&gt;
Console-toi, ils t'aiment toujours dans leurs souffrances.&lt;br /&gt;
Cette fois on nous serre fortement les menottes, en nous rapprochant les deux mains l'une de l'autre. Au moindre mouvement, la cha&#238;ne de fer mord la chair.&lt;br /&gt;
On nous enferme dans la voiture cellulaire ; deux gendarmes et leurs carabines y montent avec nous ; l'un se place sur le si&#232;ge pr&#232;s de la grille, l'autre pr&#232;s de la porti&#232;re ferm&#233;e. Cette voiture, esp&#232;ce de maringote carr&#233;e, peut contenir tout au plus huit personnes.&lt;br /&gt;
Chemin faisant, le gendarme avec qui j'&#233;change quelques paroles, m'apprend qu'il a &#233;t&#233; transport&#233; dans cet &#233;troit espace jusqu'&#224; dix-huit d&#233;tenus &#224; la fois. Les malheureux sont alors entass&#233;s et s'assoient les uns sur les autres, par pile de trois hommes, le tout pour la plus grande gloire de la justice fran&#231;aise !&lt;br /&gt;
La voiture avance avec une d&#233;solante lenteur, escort&#233;e par deux compagnies de soldats de ligne, en tout 250 hommes, six gendarmes et des menottes. On voit bien que nous sommes transf&#233;r&#233;s par mesure de s&#251;ret&#233; ! Et nous sommes bien en s&#251;ret&#233;. Ce luxe de pr&#233;cautions est satisfaisant &#224; une heure o&#249; l'on ne rencontre dans les rues de Marseille que des chats amoureux et des rats affair&#233;s.&lt;br /&gt;
Nous apercevons, par des regards obliques jet&#233;s par-dessus l'&#233;paule du gendarme charg&#233; de nous emp&#234;cher de voir et de respirer, les arbres du cours Bonaparte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cours Pierre-Puget aujourd'hui.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; plus tard les arbres de la rue de la Darse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rue Francis-Davso aujourd'hui.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, plus tard enfin ceux du Prado que nous n'apercevons qu'un instant, au moment de nous engager dans le boulevard Bayle[Boulevard Baille aujourd'hui.]]. Nous avons d&#251; passer, sans nous en apercevoir, sur la place de la Pr&#233;fecture ! Que de souvenirs &#233;veill&#233;s en nous !&lt;br /&gt;
Enfin, nous suivons le boulevard S&#233;bastopol, o&#249; se trouve la place des ex&#233;cutions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est sur la place S&#233;bastopol (qui existe toujours) qu'&#233;tait dress&#233;e la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : nous voil&#224; bien entre le pass&#233; et l'avenir !&lt;br /&gt;
Enfin, nous entrons &#224; Saint-Pierre.&lt;br /&gt;
Apr&#232;s les formalit&#233;s d'usage au greffe, on nous d&#233;pouille de nos bijoux, de notre argent, des v&#234;tements enferm&#233;s dans nos valises ; mais cela se fait avec quelque pudeur ; puis on nous conduit chacun dans notre cellule. &#8212; Les cellules des condamn&#233;s &#224; mort ! Ils m'envoient &#224; une d'elles, o&#249; fut enferm&#233; le fameux brigand Quaranta&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Antonio Quaranta et ses complices, Felice Nardi et Giovanni Codda, furent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! J'ai failli plaider pour lui.&lt;br /&gt;
Encore une navrante impression ! La cellule !&lt;br /&gt;
Deux verrous, un en bas, l'autre en haut de la porte, une forte serrure au milieu, la ferment avec un grincement sinistre. Me voil&#224; seul au petit jour !&lt;br /&gt;
J'examine mon logis ! Vo&#251;te et mur blanchis &#224; la chaux avec une bande noire en bas. Un catafalque en pierre : 4 m 50 de haut, 3 m&#232;tres de large sur 4 m&#232;tres de long.&lt;br /&gt;
Au midi, la porte &#233;troite munie d'un vasistas et d'un &#339;il taill&#233; dans le bois, sorte d'argus le plus souvent aveugle, mais qui soudain peut voir !&lt;br /&gt;
Le gardien passe dans le corridor, il s'arr&#234;te, on est regard&#233;, surveill&#233;.&lt;br /&gt;
C'est atroce et stupide !&lt;br /&gt;
&#192; l'est, une petite table blanche fix&#233;e au mur, et &#224; c&#244;t&#233; de la table, un petit banc &#233;galement fix&#233; dans le mur et au parquet.&lt;br /&gt;
De cette fa&#231;on, l'administration est certaine que le mobilier ne s'envolera pas.&lt;br /&gt;
En face, un lit de camp fix&#233; de la m&#234;me mani&#232;re, avec un vasistas qui communique avec la cellule du gardien, ferm&#233; d'ordinaire. En cas de maladie ou d'accident, on peut par l&#224; appeler du secours.&lt;br /&gt;
Sur le lit de camp &#233;troit de 50 centim&#232;tres, taill&#233; en pente, haut de 25 centim&#232;tres et de 15 &#224; sa base, long de 2 m&#232;tres, une paillasse maigre sur un matelas efflanqu&#233;.&lt;br /&gt;
Deux draps &#233;troits, une couverture de lit, si bien faits qu'ils vous d&#233;bordent et au moindre mouvement glissent sur le parquet.&lt;br /&gt;
&#212; R&#233;publique ! Par amour pour toi, nous t&#226;cherons de nous y faire.&lt;br /&gt;
Ah ! Qui me rendra mon lit nuptial, large de six coud&#233;es, mon &#233;dredon, ma bouillotte d'hiver, mon sommier &#233;lastique et ma jeune femme souriante au r&#233;veil !&lt;br /&gt;
Et puis mes beaux enfants qui venaient le matin gambader entre nous !&lt;br /&gt;
Ne pensons plus &#224; la joie du pass&#233; dont le souvenir m'&#244;te tout &#224; coup mon courage.&lt;br /&gt;
Au nord, la fen&#234;tre, d'un m&#232;tre carr&#233;, grill&#233;e, pourvue d'une crois&#233;e mobile, semblable &#224; une soupape horizontale.&lt;br /&gt;
Au demeurant, le tout est propre, sinon luxueux ; mais le lit est habit&#233;.&lt;br /&gt;
Il faudra se livrer &#224; une Saint-Barth&#233;lemy d'insectes anthropophages.&lt;br /&gt;
Je ne parle que pour m&#233;moire de la table de nuit creus&#233;e dans le mur, de la bouche de chaleur pour l'hiver, plac&#233;es &#224; c&#244;t&#233; de la porte.&lt;br /&gt;
Telle est ma cellule, claire pourtant, a&#233;r&#233;e, haute de caveau, o&#249; rien ne tra&#238;ne, o&#249; rien ne bouge, si ce n'est moi, qui vais et viens comme une b&#234;te fauve dans sa cage, afin de repr&#233;senter la vie dans le temple de l'immobilit&#233;.&lt;br /&gt;
Fatigu&#233; de tourner dans un aussi &#233;troit espace, pris de vertige, je me couche, et la tristesse, &#224; d&#233;faut du sommeil, me gagne invinciblement.&lt;br /&gt;
&#212; R&#233;publique ! Sois-moi t&#233;moin que j'ai lutt&#233; tant que j'ai pu !&lt;br /&gt;
La cellule p&#232;se sur l'homme comme un manteau de plomb. II y perd &#224; la longue jusqu'&#224; la facult&#233; de penser ; cette vo&#251;te arrondie, sans angles, o&#249; l'&#339;il se repose mal, cette uniformit&#233;, cette nudit&#233; des murs alourdissent les sens et les plongent dans une torpeur atrophiante.&lt;br /&gt;
Il n'est pas bon que l'homme vive seul.&lt;br /&gt;
La cellule est la solitude compliqu&#233;e d'une lugubre perspective. &#8212; Me fera-t-elle la confidence des soupirs, des g&#233;missements, des sanglots qu'elle a entendus ? Et fera-t-elle &#224; d'autres la confidence des miens ?&lt;br /&gt;
La serrure crie, les verrous grincent : je me dresse sur mon lit. C'est le directeur ! Possesseur de la t&#234;te &#224; poire et du galbe harmonieux de Louis-Philippe, il me d&#233;clare, le brave homme ! Qu'il n'est pas r&#233;publicain. Avait-il besoin de me le dire ? Je le vois, et je le sais bien, parbleu ! Et d'abord il ne serait pas en place.&lt;br /&gt;
Il m'annonce avec un accent montpelli&#233;rain assez prononc&#233; que le r&#232;glement de la prison de Saint-Pierre n'a pas pr&#233;vu notre cas, qu'il nous accordera pourtant trois heures de promenade, et en g&#233;n&#233;ral tout ce qu'il ne pourra pas nous refuser. Total : 21 heures de cellule par jour. Je me r&#233;crie, je proteste, je fais valoir hautement mes droits et mes titres de condamn&#233; politique. &#8212; Le r&#232;glement est muet, le directeur est sourd.&lt;br /&gt;
Pendant notre promenade, nous d&#233;cidons que nous adresserons au pr&#233;fet des Bouches-du-Rh&#244;ne, M. O. Salvetat, une r&#233;clamation collective, afin d'obtenir les immunit&#233;s d'usage accord&#233;es aux d&#233;tenus politiques&lt;br /&gt;
Notre requ&#234;te, bient&#244;t r&#233;dig&#233;e, est d&#233;j&#224; en route.&lt;br /&gt;
Nous demandons le droit de recevoir les aliments pr&#233;par&#233;s et apport&#233;s par nos familles, de voir nos parents dans le parloir libre et non dans le parloir grill&#233; ;&lt;br /&gt;
De rester en promenade dans la cour qui nous est affect&#233;e, de six heures du matin &#224; midi, et de deux heures &#224; sept heures ;&lt;br /&gt;
De prendre nos repas en commun dans la cellule de l'un de nous ;&lt;br /&gt;
De recevoir des journaux politiques et notre correspondance, directement, hors de la voie du greffe d'o&#249; nos lettres nous parviennent d&#233;cachet&#233;es et lues ;&lt;br /&gt;
Enfin, une fois par semaine au moins, ceux d'entre nous qui sont mari&#233;s d&#233;sirent d&#233;jeuner au parloir avec leur femme.&lt;br /&gt;
Ces demandes sont accord&#233;es et nous commen&#231;ons &#224; voir se rel&#226;cher en notre faveur le r&#233;gime dont nous avons ressenti la douloureuse atteinte.&lt;br /&gt;
Depuis lors, je me h&#226;te de le dire, il semble qu'on s'est &#233;tudi&#233; &#224; nous rendre l'existence de plus en plus supportable. Nous n'avons pas le droit de nous plaindre. &#8212; Au point de vue mat&#233;riel, nous sommes aussi bien qu'on peut l'&#234;tre dans une prison.&lt;br /&gt;
Nos gardiens sont pour nous des camarades qui connaissent notre loyaut&#233; et ne craignent point que nous abusions de la libert&#233; et des commodit&#233;s que nous avons prises peu &#224; peu.&lt;br /&gt;
J'ai souffert, les premiers jours, de recevoir mon p&#232;re, mes s&#339;urs, et surtout ma m&#232;re, au parloir grill&#233;. Ce dernier vestige de l'inquisition devrait bien dispara&#238;tre.&lt;br /&gt;
Voir &#224; quelques centim&#232;tres de soi, &#224; travers les mailles d'une cage &#224; poulet, un visage ch&#233;ri et ne pouvoir l'embrasser, ne pouvoir serrer une main aim&#233;e, et &#234;tre r&#233;duit &#224; s'envoyer des baisers de la main et des l&#232;vres, se parler, que dis-je ? Pleurer &#224; distance, quelle servitude et quelle torture dont les juges ne se doutent point, ou du moins qu'ils n'ont pas endur&#233;es !&lt;br /&gt;
Ma pauvre m&#232;re a sur le visage une douleur mortelle. Elle ne g&#233;mit pas, elle ne pleure pas, ses larmes semblent fig&#233;es int&#233;rieurement en elle ; derri&#232;re les yeux, on devine ce qu'elle souffre ; je souffre, moi, comme je n'ai jamais souffert. Ah ! Comme je voudrais la voir pleurer ! Les pleurs au moins la soulageraient.&lt;br /&gt;
Elle semble r&#234;ver. Son fils, son Gaston dont elle &#233;tait si fi&#232;re, si heureuse nagu&#232;re, condamn&#233; &#224; mort !&lt;br /&gt;
Il semble qu'elle est le jouet d'un affreux r&#234;ve, qu'&#224; chaque instant elle se r&#233;veille et qu'on lui dit qu'elle a r&#234;v&#233;.&lt;br /&gt;
&#212; ma m&#232;re, pourquoi ne peux-tu pas pleurer ?&lt;br /&gt;
Je m'enferme dans ma cellule, je me maudis mille fois, sans vouloir m'entendre ; je suis un malheureux de la rendre, elle, si malheureuse, d'empoisonner ses derniers jours, de d&#233;soler sa vieillesse, d'&#234;tre l'enfant de son d&#233;sespoir, au lieu d'&#234;tre l'enfant de son orgueil.&lt;br /&gt;
Oui, je maudis tout ce que j'aime, je foule aux pieds mes convictions, je blasph&#232;me contre la R&#233;publique tant aim&#233;e, parce que ma m&#232;re souffre trop pour pouvoir pleurer.&lt;br /&gt;
Et toi qui fus mon autre m&#232;re, &#244; ma patrie ! pardonne-moi le cri de mes entrailles et rends-moi la force que j'ai perdue !&lt;br /&gt;
&#212; mon Dieu, faites qu'aujourd'hui je ne sois pas priv&#233; de la vue de mes trois &#234;tres les plus ch&#233;ris avec ma m&#232;re et ma femme !&lt;br /&gt;
Ce serait trop de douleurs pour un seul jour ; j'y succomberais.&lt;br /&gt;
Juillet, ao&#251;t, septembre, octobre, novembre s'&#233;coulent sans que notre situation mat&#233;rielle se modifie ; &#224; part quelques caprices administratifs de courte dur&#233;e, notre existence prend un cours r&#233;gulier et monotone. Ma No&#233;mi est partie pour Paris, sur un t&#233;l&#233;gramme de notre v&#233;n&#233;r&#233; Adolphe &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;, sit&#244;t apr&#232;s notre condamnation. Elle revient quinze jours apr&#232;s ; on lui a fait esp&#233;rer une commutation de peine. Elle m'assure de la part de notre parent que je suis sauv&#233;.&lt;br /&gt;
Le conseil de r&#233;vision rejette notre pourvoi. No&#233;mi re&#231;oit une nouvelle d&#233;p&#234;che pressante le 26 juillet. Elle repart ; son absence dure dix jours ; m&#234;me retour joyeux, m&#234;mes promesses consolantes venues de haut ; cette fois on s'int&#233;resse &#224; nous, on veut nous sauver.&lt;br /&gt;
Enfin, le 15 septembre, la cour de cassation rejette d&#233;finitivement notre dernier recours : il ne nous reste plus que le pourvoi en gr&#226;ce. &#8212; No&#233;mi repart pour la troisi&#232;me fois. La commission des gr&#226;ces renvoie sa r&#233;union de semaine en semaine. Septembre et octobre se succ&#232;dent sans r&#233;sultat. Enfin demain, 16 novembre, la commission des gr&#226;ces statuera sur notre sort.&lt;br /&gt;
Ainsi, depuis le 3 avril, &#224; onze heures du soir, j'ai quitt&#233; ma No&#233;mi, ma maison, ma famille, mon bien-&#234;tre, tout ce que j'aimais et qui me faisait heureux ! Depuis six mois et douze jours, la plus douce des consolations m'a presque constamment manqu&#233; !&lt;br /&gt;
Ma No&#233;mi, pour me sauver, s'est &#233;loign&#233;e de moi, j'ai v&#233;cu presque seul au milieu des autres d&#233;tenus ; que de regrets, si je dois mourir !...&lt;br /&gt;
Maintenant, je veux revenir vers ce pass&#233; terrible, irr&#233;parable, je veux jeter un regard en arri&#232;re sur cette s&#233;rie de faits si &#233;trangement encha&#238;n&#233;s entre eux et qui, du haut d'une popularit&#233; si laborieusement et si justement acquise, m'ont pr&#233;cipit&#233; sur les marches de l'&#233;chafaud.&lt;br /&gt;
Qu'ai-je fait ? Qu'ai-je voulu faire ? Suis-je coupable envers mon pays ? Mon &#234;tre tout entier crie : Non ; je suis innocent.&lt;br /&gt;
Pour l'honneur de ma m&#233;moire, que nul peut-&#234;tre ne songera &#224; d&#233;fendre apr&#232;s moi ; pour l'honneur de mon nom, que je laisse &#224; mes enfants, pur et sans tache, je dois &#233;crire ce que j'ai fait, ce que j'ai vu, ce que j'ai su&#8230;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Impressions d'un condamn&#233; &#224; mort &#187;, dans les &#338;uvres posthumes de Gaston (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_88 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;148&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://marseille1871.fr/IMG/jpg/texte2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://marseille1871.fr/local/cache-vignettes/L500xH500/texte2-51535.jpg?1764712650' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-88 '&gt;&lt;strong&gt;Monument fun&#233;raire sur le caveau de Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article56261&amp;recherche=Cr&#233;mieux&#034; class='spip_out' title=&#034;D&#233;finition&#160;: N&#233; &#224; N&#238;mes le 22 juin 1836 ; ex&#233;cut&#233; au Pharo de Marseille le 30 novembre (&#8230;)&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; au cimeti&#232;re isra&#233;lite La Timone-Saint-Pierre &#224; Marseille.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-88 '&gt;Clich&#233; Mich&#232;le Bitton, 5 mars 2021.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb_2Fem&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh_2Fem&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes _2Fem&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;/em&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les deux citations sont en exergue dans le texte original.&lt;em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ils n'&#233;taient en effet que seize &#224; avoir &#233;t&#233; ramen&#233;s en prison apr&#232;s l'audience du 28 juin. Le dix-septi&#232;me inculp&#233;, Alexandre Bauche, &#233;tait &#224; l'h&#244;pital o&#249; il &#233;tait soign&#233; pour une blessure par balle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les deux citations sont en exergue dans le texte original.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb_2Fp&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh_2Fp&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes _2Fp&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;/p&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;sdfootnote&#034;&gt;Sur Adolphe &lt;dico&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article56261&amp;recherche=Cr&#233;mieux&#034; class='spip_out' title=&#034;D&#233;finition&#160;: N&#233; &#224; N&#238;mes le 22 juin 1836 ; ex&#233;cut&#233; au Pharo de Marseille le 30 novembre (&#8230;)&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; voir voir plus haut dans Introduction aux Impressions d'un condamn&#233; &#224; mort.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'avocat Albert Aicard (1846-1927), ancien B&#226;tonnier de l'ordre des avocats au barreau de Marseille en 1865-1866, avait brillamment assur&#233; la d&#233;fense de Gaston Cr&#233;mieux lors du proc&#232;s du 12 au 28 juin 1871, sans toutefois parvenir &#224; &#233;viter qu'il soit condamn&#233; &#224; la peine de mort.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur Espivent, le g&#233;n&#233;ral qui &#233;crasa la Commune de Marseille, voir plus haut dans Introduction aux Impressions d'un condamn&#233; &#224; mort.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur Gustave Naquet voir voir plus haut dans Introduction aux Impressions d'un condamn&#233; &#224; mort.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cours Pierre-Puget aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rue Francis-Davso aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est sur la place S&#233;bastopol (qui existe toujours) qu'&#233;tait dress&#233;e la guillotine pour les ex&#233;cutions des condamn&#233;s &#224; mort de droit commun ; ceux condamn&#233;s &#224; mort par un conseil de guerre &#233;taient fusill&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antonio Quaranta et ses complices, Felice Nardi et Giovanni Codda, furent guillotin&#233;s place S&#233;bastopol &#224; Marseille le 27 janvier 1868 apr&#232;s avoir &#233;t&#233; jug&#233;s en 1867 par la cour d'assises des Bouches-du-Rh&#244;ne &#224; Aix-en-Provence pour vols qualifi&#233;s et assassinats (Affaire du gang des diligences).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt; &#171; Impressions d'un condamn&#233; &#224; mort &#187;, dans les &#338;uvres posthumes de Gaston Cr&#233;mieux, op. cit., pp. 21-44.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Introduction aux Impressions d'un condamn&#233; &#224; mort</title>
		<link>https://marseille1871.fr/Introduction-aux-Impressions-d-un-condamne-a-mort-58</link>
		<guid isPermaLink="true">https://marseille1871.fr/Introduction-aux-Impressions-d-un-condamne-a-mort-58</guid>
		<dc:date>2025-01-28T08:33:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>bruno</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un manuscrit intitul&#233; &#171; Impressions d'un condamn&#233; &#224; mort &#187; faisait partie des objets retrouv&#233;s dans la cellule de Gaston Cr&#233;mieux apr&#232;s son ex&#233;cution : &#171; Ce qu'il y avait dans sa cellule, large de trois pas sur cinq de long, recevant le jour par une petite ouverture, c'&#233;tait, outre quelques objets de toilette, des ouvrages sur la r&#233;volution, une grammaire h&#233;bra&#239;que, des num&#233;ros de l'&#201;galit&#233;, puis les manuscrits suivants : Impressions d'un condamn&#233; &#224; mort ; Arabesques (po&#233;sies) ; autres (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://marseille1871.fr/-Gaston-Cremieux-Textes-choisis-16-" rel="directory"&gt;Gaston Cr&#233;mieux - Textes choisis&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un manuscrit intitul&#233; &#171; Impressions d'un condamn&#233; &#224; mort &#187; faisait partie des objets retrouv&#233;s dans la cellule de Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; apr&#232;s son ex&#233;cution : &#171; Ce qu'il y avait dans sa cellule, large de trois pas sur cinq de long, recevant le jour par une petite ouverture, c'&#233;tait, outre quelques objets de toilette, des ouvrages sur la r&#233;volution, une grammaire h&#233;bra&#239;que, des num&#233;ros de l'&#201;galit&#233;, puis les manuscrits suivants : Impressions d'un condamn&#233; &#224; mort ; Arabesques (po&#233;sies) ; autres cahiers de po&#233;sies ; Le Neuf thermidor, trag&#233;die, et Tableaux d'histoire. Sur une feuille il &#233;crivait toutes les dates importantes de sa vie.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#201;galit&#233;, 3 d&#233;cembre 1871.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;br /&gt;
Les archives familiales de Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; ayant &#233;t&#233; dispers&#233;es, il ne reste pas de traces de ces manuscrits. Lorsque certains d'entre eux furent publi&#233;s en 1879 dans ses &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes&lt;/em&gt;, il y fut pr&#233;cis&#233; que la trag&#233;die &#171; Le Neuf thermidor &#187; que &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; n'avait pas eu le temps d'achever fut compl&#233;t&#233;e par son ami Clovis Hugues et les sc&#232;nes que ce dernier r&#233;digea furent pr&#233;cis&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notice, par Alfred Naquet dans Gaston Cr&#233;mieux, &#338;uvres posthumes, op. cit., (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Rien n'y fut dit en revanche sur les &#171; Impressions d'un condamn&#233; &#224; mort &#187; dont le texte publi&#233; comporte plusieurs lignes en pointill&#233;s. On peut supposer qu'elles correspondent &#224; des vers supprim&#233;s par la censure, &#224; l'instar de vers omis dans le po&#232;me &#171; Les voix du Peuple &#187; dont il a &#233;t&#233; possible de comparer les versions parues en 1868 &#224; celle de 1879 dans les &#338;uvres posthumes.&lt;br /&gt;
L'ann&#233;e de la premi&#232;re parution des &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes&lt;/em&gt; (qui apr&#232;s 1879 connut des r&#233;&#233;ditions successives et identiques au moins jusqu'en 1887) co&#239;ncide avec la promulgation de la loi du 3 mars 1879 sur l'amnistie partielle des Communards qui permit le commencement du retour des d&#233;port&#233;s de Nouvelle-Cal&#233;donie, avant la loi du 11 juillet 1880 sur l'amnistie totale des individus condamn&#233;s pour avoir pris part aux &#233;v&#233;nements insurrectionnels de 1870-1871 et aux &#233;v&#233;nements insurrectionnels post&#233;rieurs. La premi&#232;re de ces lois permit aussi l'all&#233;gement des interdits pesant sur les publications relatives &#224; la Commune et aux Communards, permettant notamment la publication des &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes&lt;/em&gt; de Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte des &#171; Impressions d'un condamn&#233; &#224; mort &#187; ouvre ces &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes&lt;/em&gt;, apr&#232;s la lettre du po&#232;te Victor Hugo (qui avait d&#233;fendu les lois d'amnistie des communards) adress&#233;e &#224; la veuve de Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; et apr&#232;s la Notice biographique de Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; r&#233;dig&#233;e par Alfred Naquet, alors d&#233;put&#233; du Vaucluse.&lt;br /&gt;
C'est un texte assez court : il n'occupe que 23 des 476 pages des &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes&lt;/em&gt; (pages 21 &#224; 44) et se pr&#233;sente sous la forme d'un journal r&#233;dig&#233; en prison du 28 juin au 15 novembre 1871 ; la premi&#232;re journ&#233;e y occupant presque le tiers de ces pages (pages 21 &#224; 29). Le texte d&#233;bute dans la matin&#233;e du 28 juin avec la derni&#232;re courte audience au tribunal o&#249; les membres du conseil de guerre se retirent pour d&#233;lib&#233;rer tandis que les pr&#233;venus sont transf&#233;r&#233;s &#224; la prison du Fort Saint-Nicolas. Ce n'est que dans la soir&#233;e, dans cette prison, qu'ils eurent connaissance des sentences prononc&#233;es &#224; leur encontre par le conseil de guerre. Le narrateur n'&#233;voque alors que sa propre condamnation avec beaucoup de dignit&#233; : &#171; &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;, reconnu coupable... d'embauchage (je comprends le reste), condamn&#233; &#224; mort&#8230; Un trait rapide me traverse le c&#339;ur, mais j'attache, sans parler, ni trembler, un regard d&#233;daigneux sur le commissaire du gouvernement, qui tient ses yeux baiss&#233;s ; je n'&#233;prouve ni douleur, ni crainte. Il me semble qu'on vient de me lancer une insulte ; si j'ai fait un geste, j'ai d&#251; hausser les &#233;paules ; je plains mes juges. &#187;&lt;br /&gt;
Au fil du texte, &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; cite &#224; maintes reprises les hommes jug&#233;s avec lui ce 28 juin, mais il ne les d&#233;signe que par leur patronyme sans toujours pr&#233;ciser la sentence dont ils furent l'objet ; il est utile de rappeler leur identit&#233; et les sentences prononc&#233;es alors.&lt;br /&gt;
Le 28 juin 1871, dans l'apr&#232;s-midi, apr&#232;s d&#233;lib&#233;rations, le 1er conseil de guerre de la 9e r&#233;gion militaire de Marseille pronon&#231;a &#224; l'unanimit&#233; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; trois condamnations &#224; la peine de mort &#224; l'encontre de Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;, 34 ans, avocat, Auguste &#201;tienne (p&#232;re), 52 ans, portefaix, et Alphonse Pelissier, 42 ans, journaliste et ancien militaire ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; cinq condamnations &#224; la peine de d&#233;portation dans une enceinte fortifi&#233;e : Claude Breton, 46 ans, pharmacien, Henri Chachuat, 26 ans, menuisier, Jean-Baptiste Duclos, 36 ans, menuisier, Joseph Martin, 38 ans, tailleur de pierre, et Jean-Marie Nastorg, 31 ans, agent de commerce ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une condamnation &#224; la peine de dix ans de travaux forc&#233;s : Philippe Novi, 38 ans, tailleur d'habits, ancien gardien de la paix ;&lt;br /&gt; - une condamnation &#224; la peine de cinq ans de travaux forc&#233;s : Alexandre Bauche, 41 ans, tailleur d'habits ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une condamnation &#224; la peine de dix ans de d&#233;tention : Alphonse &#201;berard, 39 ans, instituteur ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; six acquittements : &#201;mile &lt;dico&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article146216&amp;recherche=Bouchet&#034; class='spip_out' title=&#034;D&#233;finition&#160;: N&#233; vers 1841 &#224; Embrun (Hautes-Alpes) ; participant &#224; la Commune de Marseille (&#8230;)&#034;&gt;Bouchet&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;, 30 ans, avocat, Eug&#232;ne Ducoin, 45 ans, entrepreneur en ma&#231;onnerie, Gabriel G&#233;n&#233;tiaux, 37 ans, gardien de la paix, Joseph Hermet, 38 ans, tailleur de pierre, C&#233;lestin Matheron, 31 ans, agent d'assurances, et Auguste Sorbier, 33 ans, journaliste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AD BdR 2 R 520, jugement collectif n&#176;63, 28 juin 1871 : Affaire Cr&#233;mieux et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble des &#171; Impressions d'un condamn&#233; &#224; mort &#187;, on cherchera en vain un rappel des &#233;v&#233;nements auxquels &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; et ses compagnons de captivit&#233; particip&#232;rent avant leur incarc&#233;ration, si ce n'est les mots &#171; Que de souvenirs ! &#187; qu'il note lorsqu'ils passent &#224; proximit&#233; de la pr&#233;fecture lors d'un transfert. C'est avant tout le journal intime d'un prisonnier qui, comme tous les prisonniers, est d'abord pr&#233;occup&#233; par les conditions de d&#233;tention, les relations avec les ge&#244;liers, qu'il plaint souvent, les visites familiales, trop rares, les &#233;changes avec son avocat&#8230; Mais le prisonnier &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; condamn&#233; &#224; mort y reste l'homme digne et sensible qu'il a toujours &#233;t&#233;. Les liens avec ses compagnons de captivit&#233; sont si forts que lorsque l'un d'eux est lib&#233;r&#233; c'est pour lui &#171; un d&#233;chirement d'entrailles [...] comme ces corps dont on arrache les membres un &#224; un. &#187;. Lorsque qu'il esp&#232;re que les derniers condamn&#233;s du 28 juin 1871 encore prisonniers au Fort Saint-Nicolas seront transf&#233;r&#233;s &#224; la prison Saint-Pierre, il plaint un autre d&#233;tenu : &#171; Nous quitterions cette casemate humide o&#249; nous sommes condamn&#233;s &#224; perdre la vue et &#224; gagner des rhumatismes, comme le pauvre Gustave Naquet. &#187; C'est le seul autre prisonnier qu'il cite nominativement . Il avait &#233;t&#233; condamn&#233; avant eux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gustave Naquet (1819-1889). Journaliste et professeur &#224; Paris, opposant &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;et &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; le connaissait bien pour avoir collabor&#233; en 1868 et 1869 au journal &lt;em&gt;le Peuple &lt;/em&gt;dont Gustave Naquet &#233;tait alors directeur de la r&#233;daction et pour avoir demand&#233; sa lib&#233;ration au pr&#233;fet lorsqu'il fut arr&#234;t&#233; pour propos s&#233;ditieux contre l'Empire devant la pr&#233;fecture le 7 ao&#251;t 1870. L'arrestation de Gustave Naquet avait d&#233;clench&#233; la premi&#232;re et &#233;ph&#233;m&#232;re Commune de Marseille des 7 et 8 ao&#251;t 1870 dont Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; fut le chef de file et pour laquelle lui et une quinzaine de manifestants furent incarc&#233;r&#233;s jusqu'&#224; la proclamation de la IIIe R&#233;publique le 4 septembre 1871.&lt;br /&gt;
Dans &#171; Impressions d'un condamn&#233; &#224; mort &#187; &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; &#233;voque plusieurs fois les visites de diff&#233;rents membres de sa famille, ses enfants, ses beaux-fr&#232;res, son p&#232;re et sa m&#232;re. Les visites qu'il attendit le plus furent celles de son &#233;pouse No&#233;mi (dont il orthographie toujours le pr&#233;nom sans &#171; e &#187; final) ; il &#233;crira par ailleurs un po&#232;me en prison le 19 juillet 1871 pour lui dire son amour et combien il avait regrett&#233; une visite qu'elle ne put lui faire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#224; ma No&#233;mi &#187;, dans les &#338;uvres posthumes de Gaston Cr&#233;mieux , op. cit., p. 47.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Durant son emprisonnement, elle se rendit trois fois &#224; Paris &#224; la demande d'Adolphe &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; qui la soutint dans les d&#233;marches difficiles qu'elle mena pour tenter de sauver son &#233;poux. Une parenth&#232;se s'impose &#224; propos d'Adolphe &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;, que Gaston d&#233;signe dans ce texte comme un parent v&#233;n&#233;r&#233;, et des d&#233;marches personnelles qu'il aurait &#233;ventuellement tent&#233;es, et qui de toutes fa&#231;ons furent vaines, pour sauver Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;.&lt;br /&gt;
Adolphe &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; eut une carri&#232;re politique de premier plan au sein de la gauche r&#233;publicaine : &#233;lu d&#233;put&#233; de la circonscription de Paris en novembre 1869, il sera ministre de la Justice du gouvernement de la D&#233;fense nationale du 4 septembre 1870 au 17 f&#233;vrier 1871 (mandat au cours duquel il fut notamment &#224; l'initiative du d&#233;cret du 24 octobre 1870 accordant la nationalit&#233; fran&#231;aise &#224; la plupart des juifs d'Alg&#233;rie) et chef de file de la d&#233;l&#233;gation minist&#233;rielle d&#233;plac&#233;e &#224; Tours pour coordonner la d&#233;fense en province. Lorsque Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; fut condamn&#233; &#224; la peine de mort le 28 juin 1871, Adolphe &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; n'&#233;tait plus membre du nouveau gouvernement qui le 17 f&#233;vrier 1871 nomma Adolphe Thiers &#224; la t&#234;te de l'ex&#233;cutif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adolphe Cr&#233;mieux (1806-1880) reviendra au gouvernement comme d&#233;put&#233; du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; de faits relatifs &#224; la prison, &#224; son proc&#232;s, ou aux d&#233;marches de son &#233;pouse, Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; fait quelques br&#232;ves notations sur des &#233;v&#233;nements ext&#233;rieurs. C'est avec un humour grin&#231;ant qu'il &#233;voque notamment la r&#233;pression qui se poursuivait &#224; Marseille. &#192; la date du dimanche 2 juillet 1871, il note en effet : &#171; On a fait la nuit derni&#232;re soixante arrestations &#224; la Belle de Mai. Le fort Saint-Nicolas regorge de d&#233;tenus, les surveillants sont sur les dents. Ils se plaignent beaucoup plus que les prisonniers. Voyons, Monsieur Espivent, un bon mouvement. Par piti&#233; pour les ge&#244;liers, cessez d'emprisonner les r&#233;publicains. &#187; Le g&#233;n&#233;ral Espivent qui le 4 avril avait &#233;cras&#233; la Commune de Marseille sous les bombardements, y poursuivit une dure r&#233;pression jusqu'&#224; la lev&#233;e de l'&#233;tat de si&#232;ge sur les Bouches-du-Rh&#244;ne en 1876. Catholique fervent et candidat monarchiste aux &#233;lections s&#233;natoriales de la Loire-Inf&#233;rieure de 1876, il y sera &#233;lu et r&#233;&#233;lu jusqu'en 1897. Sa notice sur le site du S&#233;nat souligne que son attitude &#224; Marseille provoqua de vives pol&#233;miques notamment parce qu'il y fit fusiller Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; et supprima plusieurs journaux d&#233;mocratiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adolphe Cr&#233;mieux (1806-1880) reviendra au gouvernement comme d&#233;put&#233; du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le 15 septembre 1871 la Cour de cassation rejeta leur pourvoi, il ne restait plus &#224; Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; et aux autres condamn&#233;s &#224; mort que la commission des gr&#226;ces qui retarda sa r&#233;union de semaine en semaine : &#171; Enfin demain, 16 novembre la commission des gr&#226;ces statuera sur notre sort &#187;. Remarquons que le pluriel qu'il emploie pour &#171; notre sort &#187; peut s'appliquer &#224; lui-m&#234;me et &#224; Auguste &#201;tienne p&#232;re et Alphonse Pelissier condamn&#233;s &#224; mort avec lui le 28 juin 1871, mais probablement aussi &#224; Jean-Baptiste Roux et Jules Brissy, deux autres participants &#224; la Commune de Marseille condamn&#233;s &#233;galement &#224; cette peine apr&#232;s eux ; Jean-Baptiste Roux, le 2 ao&#251;t 1871 et Jules Brissy le 31 ao&#251;t 1871. C'est en effet &#224; ces quatre hommes que &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; d&#233;dia &#171; Le Neuf thermidor ou La Mort de Robespierre &#187; publi&#233; dans ses &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes &lt;/em&gt;avec la d&#233;dicace suivante : &#171; D&#233;di&#233; &#224; mes amis et compagnons de peine, &#201;tienne p&#232;re, Pelissier, Roux et Brissy, condamn&#233;s &#224; mort. G. C.. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gaston Cr&#233;mieux, &#338;uvres posthumes, op. cit. p.53.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de mourir, &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; n'a probablement pas su que ses compagnons de peine avaient &#233;t&#233; graci&#233;s ; leurs condamnations &#224; la peine de mort ayant &#233;t&#233; &#233;t&#233; commu&#233;es le 27 novembre 1871 en d&#233;portation en enceinte fortifi&#233;e pour &#201;tienne et Pelissier, en travaux forc&#233;s &#224; perp&#233;tuit&#233; pour Roux et en dix ans de d&#233;tention pour Brissy.&lt;br /&gt;
Ses toutes derni&#232;res lignes sont celles d'un homme qui se pr&#233;pare &#224; mourir, disant &#224; lui-m&#234;me &#171; je dois &#233;crire ce que j'ai fait, ce que j'ai vu, ce que j'ai su &#187;. Il n'eut pas le temps de le faire, &#171; Impressions d'un condamn&#233; &#224; mort &#187; est le seul texte autobiographique connu de Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt; &lt;em&gt;L'&#201;galit&#233;&lt;/em&gt;, 3 d&#233;cembre 1871.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notice, par Alfred Naquet dans Gaston&lt;br /&gt;
&lt;dico&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article56261&amp;recherche=Cr&#233;mieux&#034; class='spip_out' title=&#034;D&#233;finition&#160;: N&#233; &#224; N&#238;mes le 22 juin 1836 ; ex&#233;cut&#233; au Pharo de Marseille le 30 novembre (&#8230;)&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;, &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes&lt;/em&gt;, op. cit., p.17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;AD BdR 2 R 520, jugement collectif n&#176;63, 28 juin 1871 : Affaire Cr&#233;mieux et autres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gustave Naquet (1819-1889). Journaliste et professeur &#224; Paris, opposant &#224; l'Empire, exil&#233; &#224; Londres et &#224; Bruxelles apr&#232;s le coup d'&#201;tat de 1851, il s'installa en 1868 &#224; Marseille. Rapidement rel&#226;ch&#233; apr&#232;s son arrestation du 7ao&#251;t 1870, il fut &#224; nouveau arr&#234;t&#233; le 24 mai 1871 et condamn&#233; le 6 juin 1871 &#224; deux ans de prison ; il &#233;tait alors &#226;g&#233; de 52 ans. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#224; ma No&#233;mi &#187;, dans les &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes &lt;/em&gt;de Gaston Cr&#233;mieux , op. cit., p. 47.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Adolphe Cr&#233;mieux (1806-1880) reviendra au gouvernement comme d&#233;put&#233; du d&#233;partement d'Alger du 20 octobre 1872 au 7 mars 1876 et sera ensuite s&#233;nateur inamovible jusqu'&#224; son d&#233;c&#232;s &#224; Paris quatre ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Adolphe Cr&#233;mieux (1806-1880) reviendra au gouvernement comme d&#233;put&#233; du d&#233;partement d'Alger du 20 octobre 1872 au 7 mars 1876 et sera ensuite s&#233;nateur inamovible jusqu'&#224; son d&#233;c&#232;s &#224; Paris quatre ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gaston Cr&#233;mieux, &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes&lt;/em&gt;, op. cit. p.53.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Introduction aux Voix du peuple</title>
		<link>https://marseille1871.fr/Introduction-aux-Voix-du-peuple-61</link>
		<guid isPermaLink="true">https://marseille1871.fr/Introduction-aux-Voix-du-peuple-61</guid>
		<dc:date>2025-01-27T18:08:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>bruno</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Les Voix du peuple &#187; est d'abord paru dans le journal marseillais Le Peuple le 6 mai 1868 avant que Gaston Cr&#233;mieux ne l'int&#232;gre la m&#234;me ann&#233;e avec deux autres de ses po&#232;mes dans le recueil Les Marseillaises. N&#233;m&#233;sis. Dans ce recueil, il fut reproduit pratiquement &#224; l'identique ; il n'y manque qu'un vers : &#171; Le pauvre, mal instruit, s'y serait r&#233;sign&#233; &#187;, le quatri&#232;me de la douzi&#232;me strophe de la version parue dans Le Peuple dont les trois autres vers furent, eux, maintenus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque &#171; Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://marseille1871.fr/-Gaston-Cremieux-Textes-choisis-16-" rel="directory"&gt;Gaston Cr&#233;mieux - Textes choisis&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les Voix du peuple &#187; est d'abord paru dans le journal marseillais &lt;em&gt;Le Peuple&lt;/em&gt; le 6 mai 1868 avant que Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article56261&amp;recherche=Cr&#233;mieux&#034; class='spip_out' title=&#034;D&#233;finition&#160;: N&#233; &#224; N&#238;mes le 22 juin 1836 ; ex&#233;cut&#233; au Pharo de Marseille le 30 novembre (&#8230;)&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; ne l'int&#232;gre la m&#234;me ann&#233;e avec deux autres de ses po&#232;mes dans le recueil &lt;em&gt;Les Marseillaises. N&#233;m&#233;sis&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gaston Cr&#233;mieux, Les Marseillaises. N&#233;m&#233;sis : La Cavalcade, Gandins et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ce recueil, il fut reproduit pratiquement &#224; l'identique ; il n'y manque qu'un vers : &#171; Le pauvre, mal instruit, s'y serait r&#233;sign&#233; &#187;, le quatri&#232;me de la douzi&#232;me strophe de la version parue dans &lt;em&gt;Le Peuple&lt;/em&gt; dont les trois autres vers furent, eux, maintenus.&lt;br /&gt;
Lorsque &#171; Les Voix du peuple &#187; fut inclus en 1879 dans les &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes&lt;/em&gt; de Gaston Cr&#233;mieux, ce vers y &#233;tait &#233;galement absent, mais il y manquait aussi cinq strophes de quatre vers chacune, soit au total vingt et un vers de moins que la premi&#232;re version parue dans &lt;em&gt;le Peuple&lt;/em&gt;. C'est cette premi&#232;re version, la plus longue, qui sera reproduite ici, en y signalant les vers omis dans les versions ult&#233;rieures.&lt;br /&gt;
Comme la plupart des journaux de son &#233;poque, &lt;em&gt;Le Peuple&lt;/em&gt; ne comportait que quatre pages tr&#232;s denses et le bas de la premi&#232;re page &#233;tait souvent d&#233;volu &#224; un feuilleton ou &#224; un po&#232;me. &#171; Les Voix du peuple &#187; d&#233;bute effectivement au bas de la premi&#232;re page de ce journal, mais c'est un long po&#232;me et ses 134 alexandrins rim&#233;s se poursuivent au bas des deux pages suivantes.&lt;br /&gt;
C'est une &#339;uvre po&#233;tique classique, typique par son style et son fond des derni&#232;res ann&#233;es du Second Empire, une p&#233;riode g&#233;n&#233;reuse, emphatique et solennelle chez les &#233;crivains r&#233;publicains qui furent nombreux &#224; c&#233;l&#233;brer le Peuple. C'est aussi un des po&#232;mes les plus aboutis de Gaston Cr&#233;mieux, autant par sa forme que par son contenu en exprimant ses esp&#233;rances les plus profondes de Fraternit&#233; et de Libert&#233; et sa conviction intime dans la valeur &#233;mancipatrice de l'instruction du peuple.&lt;br /&gt;
&#171; Les Voix du peuple &#187; et les autres po&#232;mes que Gaston Cr&#233;mieux publia &#224; Marseille en 1868 sont post&#233;rieurs de douze ans &#224; sa premi&#232;re po&#233;sie connue, &#171; Mes &#233;trennes &#224; L. &#187;, incluse &#233;galement dans ses &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes&lt;/em&gt; o&#249; elle est dat&#233;e de janvier 1856. Entre temps il avait publi&#233; deux petites plaquettes de po&#233;sie &#224; N&#238;mes en 1857 et 1859 : &lt;em&gt;Mon cadeau de noces : &#224; ma cousine L&#233;onie Vidal, &#224; mon cousin Esdras Cr&#233;mieux, &#224; mon oncle Hippolyte Vidal, et &#192; l'Italie. Cent vers&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gaston Cr&#233;mieux, Mon cadeau de noces : &#224; ma cousine L&#233;onie Vidal, &#224; mon (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;
Ult&#233;rieurement c'est &#224; Marseille qu'il fit imprimer en 1869 le monologue en vers &lt;em&gt;Robespierre. Le 21 janvier 1793&lt;/em&gt; d&#233;di&#233; &#224; L&#233;on Gambetta et Alphonse Esquiros&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gaston Cr&#233;mieux, Robespierre. Le 21 janvier 1793 : Monologue en vers d&#233;di&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les deux d&#233;put&#233;s r&#233;publicains &#233;lus la m&#234;me ann&#233;e &#224; Marseille dont il avait activement soutenu les candidatures.&lt;br /&gt;
Cofondateur du journal l'&#201;galit&#233; dont le premier num&#233;ro parut le 1er mai 1870 &#224; Marseille, il y collabora r&#233;guli&#232;rement d&#232;s sa cr&#233;ation avec un article appelant r&#233;solument &#224; voter &#171; Non &#187; au pl&#233;biscite du 8 mai impos&#233; par l'empereur Napol&#233;on III. Parmi ses nombreuses contributions ult&#233;rieures &#224; ce journal figure aussi un po&#232;me, en d&#233;cembre 1870. Intitul&#233; &#171; Le Bandit &#187; (pour d&#233;signer Napol&#233;on III), ce nouveau po&#232;me est &#233;galement d&#233;di&#233; au citoyen Esquiros auquel Cr&#233;mieux apporta aussi tout son soutien durant la courte p&#233;riode o&#249; Alphonse Esquiros fut administrateur sup&#233;rieur des Bouches-du-Rh&#244;ne apr&#232;s la proclamation de la IIIe R&#233;publique le 4 septembre 1870, du 7 septembre jusqu'&#224; sa d&#233;mission deux mois plus tard.&lt;br /&gt;
Les vers empreints de col&#232;re de Gaston Cr&#233;mieux dans &#171; Le Bandit &#187; &#233;voquent la plupart des &#233;v&#233;nements qui frapp&#232;rent la France et les r&#233;publicains tout au long de ce &#171; Sombre soixante-dix ! &#201;pouvantable ann&#233;e ! &#187; depuis l'assassinat du journaliste Victor Noir le 9 janvier par Pierre Bonaparte qui sera acquitt&#233;, jusqu'&#224; l'ultime d&#233;faite de Sedan du 2 septembre, il n'oublie pas non plus le pl&#233;biscite tronqu&#233; du mois de mai avant lequel un soi-disant complot permit &#224; Pietri, le pr&#233;fet de Paris, de faire la chasse au &#171; spectre rouge &#187;, &#224; savoir les membres de l'Association internationale des travailleurs dont la traque se poursuivit aussi &#224; Marseille.&lt;br /&gt;
Si je n'avais retenu ici le po&#232;me &#171; Les Voix du Peuple &#187; pour sa g&#233;n&#233;rosit&#233;, c'est &#171; Le Bandit &#187; que j'aurai choisi pour sa indignation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gaston Cr&#233;mieux &#233;crivit aussi des po&#232;mes en prison, le chapitre Rimes de prison de ses &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes&lt;/em&gt; en contiendra quatre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rimes de prison, in &#338;uvres posthumes de Gaston Cr&#233;mieux, op. cit., pp. 47-50.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le plus ancien, &#171; Le Fort Saint-Nicolas &#187; y est dat&#233; du 16 ao&#251;t 1870 ; il remonte &#224; sa premi&#232;re incarc&#233;ration cons&#233;cutive &#224; l'occupation de l'H&#244;tel de Ville de Marseille le 8 ao&#251;t pr&#233;c&#233;dent, incarc&#233;ration qui dura jusqu'&#224; la proclamation de la IIIe R&#233;publique le 4 septembre 1870 qui fut suivie par la lib&#233;ration imm&#233;diate de tous les prisonniers politiques avec lesquels il avait occup&#233; l'H&#244;tel de Ville. Les trois autres po&#232;mes inclus dans ses Rimes de prison datent de sa deuxi&#232;me incarc&#233;ration, apr&#232;s la Commune : &#171; &#192; ma No&#233;mi &#187; (son &#233;pouse) &#233;tant dat&#233; du 19 juillet 1871, &#171; &#192; Clovis Hugues &#187; (son ami po&#232;te incarc&#233;r&#233; quelques temps avec lui) du 17 octobre 1871 &#187; et &#171; &#192; Th&#233;odore de Banville (un po&#232;te qu'il admirait) du 19 octobre 1871.&lt;br /&gt;
Mais ses &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes&lt;/em&gt; contiennent surtout une longue trag&#233;die en vers &#171; Le Neuf Thermidor ou la Mort de Robespierre &#187; qu'il n'eut pas le temps d'achever en 1871 en prison et qui fut compl&#233;t&#233;e par son ami Clovis Hugues ; avec ses 178 pages cette &#339;uvre rim&#233;e occupe la majeure partie des 276 pages des &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes&lt;/em&gt; de Gaston Cr&#233;mieux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Neuf Thermidor ou la Mort de Robespierre, in &#338;uvres posthumes de Gaston (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble des &#339;uvres po&#233;tiques de Gaston Cr&#233;mieux connues forment ainsi un ensemble non n&#233;gligeable que l'on peut estimer &#233;gal en volume &#224; l'ensemble de ses publications journalistiques en prose, souvent anim&#233;es elles aussi d'un souffle lyrique. Alors que son premier po&#232;me connu, &#171; Mes &#233;trennes &#224; L &#187; date de 1856, lorsqu'il avait vingt ans, les &#171; Voix du peuple &#187; de 1868 est une &#339;uvre de maturit&#233;. Il &#233;tait alors &#226;g&#233; de trente-deux ans, avocat et franc-ma&#231;on confirm&#233; depuis plus de dix ans et avait aussi d&#233;j&#224; mis ses comp&#233;tences au service d'associations ouvri&#232;res marseillaises en r&#233;digeant pour elles un m&#233;moire pr&#233;sent&#233; au pr&#233;fet en 1867&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;moire des ouvriers de Marseille pr&#233;sent&#233; au Pr&#233;fet des Bouches-du-Rh&#244;ne, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il parle peut-&#234;tre de lui au d&#233;but des &#171; Voix du peuple &#187;, lorsqu'il &#233;crit : &#171; Enfant du peuple, issu d'une obscure famille &#187; mais les voix qu'il veut faire entendre dans tout le reste de son po&#232;me sont celles du peuple devenu &#171; souverain &#187; par son nombre depuis le suffrage universel masculin de 1848. Le mot &#171; peuple &#187; appara&#238;t au moins neuf fois dans ce po&#232;me, sans compter ses &#233;quivalents, pl&#233;b&#233;ien ou prol&#233;taire, g&#233;n&#233;ralement employ&#233;s pour d&#233;noncer le tort qui leur est fait mais &#233;galement pour rappeler leurs luttes r&#233;volutionnaires pass&#233;es et les appeler &#224; la r&#233;bellion.&lt;br /&gt;
Gaston Cr&#233;mieux lui-m&#234;me &#233;tait trop jeune lors des r&#233;volutions de la premi&#232;re moiti&#233; du XIXe si&#232;cle. Venu au monde six ans apr&#232;s l'instauration de la Monarchie de Juillet qui suivit la r&#233;volution de 1830 dont il &#233;voque discr&#232;tement les Trois glorieuses (les journ&#233;es r&#233;volutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830 &#224; Paris) en &#233;crivant dans &#171; Les Voix du peuple &#187; : &#171; Nous aurions recueilli pendant les trois journ&#233;es / du pain pour nos enfants et des balles pour nous. &#187;&lt;br /&gt;
Il n'&#233;tait encore qu'un enfant lors de la R&#233;volution de 1848 et un adolescent lors du coup d'&#233;tat de 1851 de Louis Napol&#233;on Bonaparte qui instaura le Second Empire sous lequel Gaston Cr&#233;mieux v&#233;cut la majeure partie de sa courte vie et forgea ses convictions r&#233;publicaines. Ces soul&#232;vements durement r&#233;prim&#233;s furent les r&#233;f&#233;rences de sa pens&#233;e politique dont la matrice resta la R&#233;volution de 1789 et plus particuli&#232;rement Robespierre, victime de son inflexibilit&#233; r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011, lorsque l'historien Jean-Louis Robert, pr&#233;sident de l'association des Amies et Amis de la Commune de Paris 1871, r&#233;suma la forte communaut&#233; de valeurs qui en 1871 unissait les Communards de Paris et ceux de Marseille autour de l'id&#233;e de R&#233;publique, il cita un vers de Gaston Cr&#233;mieux : &#171; Peuple l&#232;ve-toi, la libert&#233; rayonne au bout des barricades &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Louis Robert, &#171; Ces communards de Paris et de Marseille &#187;, propos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vers qui figurait justement dans la premi&#232;re publication des &#171; Voix du peuple &#187; dans le journal &lt;em&gt;Le Peuple&lt;/em&gt;, mais disparut avec les cinq strophes supprim&#233;es de la publication ult&#233;rieure de ce po&#232;me dans les &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes&lt;/em&gt; de Gaston Cr&#233;mieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article56261&amp;recherche=Cr&#233;mieux&#034; class='spip_out' title=&#034;D&#233;finition&#160;: N&#233; &#224; N&#238;mes le 22 juin 1836 ; ex&#233;cut&#233; au Pharo de Marseille le 30 novembre (&#8230;)&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;,&lt;em&gt; Les Marseillaises. N&#233;m&#233;sis &lt;/em&gt; : La Cavalcade, Gandins et cocottes, Les Voix du peuple : Extrait du journal &lt;em&gt;Le Peuple&lt;/em&gt;, Marseille, Imprimerie commerciale F. Canquoin, 1868.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gaston Cr&#233;mieux, &lt;em&gt;Mon cadeau de noces : &#224; ma cousine L&#233;onie Vidal, &#224; mon cousin Esdras Cr&#233;mieux, &#224; mon oncle Hippolyte Vidal&lt;/em&gt;, N&#238;mes, &#233;diteurs Baldy et Roger, 1857, 8 pages. &lt;em&gt;&#192; l'Italie. Cent vers&lt;/em&gt; ; N&#238;mes, Librairie Manlus Salles, 1859, 8 pages.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gaston Cr&#233;mieux, &lt;em&gt;Robespierre. Le 21 janvier 1793 &lt;/em&gt; : Monologue en vers d&#233;di&#233; &#224; Alphonse Esquiros et L&#233;on Gambetta, Marseille, imprimerie commerciale J. Doucet, 1869. 16 pages.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rimes de prison, in &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes&lt;/em&gt; de Gaston Cr&#233;mieux, op. cit., pp. 47-50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Neuf Thermidor ou la Mort de Robespierre, in &lt;em&gt;&#338;uvres&lt;br /&gt;
posthumes&lt;/em&gt; de Gaston Cr&#233;mieux, op. cit., pp. 53-231.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;em&gt;M&#233;moire des ouvriers de Marseille pr&#233;sent&#233; au Pr&#233;fet des Bouches-du-Rh&#244;ne, M. Levert &lt;/em&gt; ; Marseille, imprimerie Serres, 1867. 20 pages.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Louis Robert, &#171; Ces communards de Paris et de Marseille &#187;, propos recueillis par L&#233;o Purguette, in &lt;em&gt;La Marseillaise&lt;/em&gt;, 2 d&#233;cembre 2011. Cet article parut apr&#232;s le colloque &#171; Gaston Cr&#233;mieux et la Commune de Marseille &#187; tenu &#224; Marseille le 30 novembre 2011 dans lequel Jean-Louis Robert fut un des intervenants.&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les voix du peuple</title>
		<link>https://marseille1871.fr/Les-voix-du-peuple-57</link>
		<guid isPermaLink="true">https://marseille1871.fr/Les-voix-du-peuple-57</guid>
		<dc:date>2025-01-27T12:03:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>bruno</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Enfant du peuple, issu d'une obscure famille, &lt;br class='autobr' /&gt;
Ne devant qu'au travail et des jours et des nuits &lt;br class='autobr' /&gt;
Le peu que je dois &#234;tre et tout ce que je suis, &lt;br class='autobr' /&gt;
J'aime l'ombre et je hais la vanit&#233; qui brille. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et dans cette ombre aust&#232;re o&#249; courent s'abriter &lt;br class='autobr' /&gt;
La libert&#233;, les m&#339;urs, la vertu pl&#233;b&#233;ienne, &lt;br class='autobr' /&gt;
En attendant que l'aube ou le grand jour revienne, &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ouvre un livre o&#249; l'histoire enseigne &#224; m&#233;diter. &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, dans ce que je lis, comme en mon existence &lt;br class='autobr' /&gt;
Je retrouve mon &#226;me et la vois s'&#233;lancer, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://marseille1871.fr/-Gaston-Cremieux-Textes-choisis-16-" rel="directory"&gt;Gaston Cr&#233;mieux - Textes choisis&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_145 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende&#034; data-legende-len=&#034;182&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-145 &#034; data-id=&#034;daddda77dfc38aa43e8a74bb90173f81&#034; src=&#034;IMG/mp3/l_enfant_du_peuple_chante_par_tonio_copie.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:139}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-145 '&gt;&lt;strong&gt;L'enfant du peuple : Extrait du po&#232;me &#171; Les voix du peuple &#187; de Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article56261&amp;recherche=Cr&#233;mieux&#034; class='spip_out' title=&#034;D&#233;finition&#160;: N&#233; &#224; N&#238;mes le 22 juin 1836 ; ex&#233;cut&#233; au Pharo de Marseille le 30 novembre (&#8230;)&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;, mis en musique et chant&#233; par Tonio de la Luna - va avec textes choisis de Gaston Cr&#233;mieux
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;div class=&#034;base64javascript166258255469e5e42eead8b4.55614423&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzcyODA5NzIyJyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3NzI4MDk3MjInOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Enfant du peuple, issu d'une obscure famille,&lt;br /&gt;
Ne devant qu'au travail et des jours et des nuits&lt;br /&gt;
Le peu que je dois &#234;tre et tout ce que je suis,&lt;br /&gt;
J'aime l'ombre et je hais la vanit&#233; qui brille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans cette ombre aust&#232;re o&#249; courent s'abriter&lt;br /&gt;
La libert&#233;, les m&#339;urs, la vertu pl&#233;b&#233;ienne,&lt;br /&gt;
En attendant que l'aube ou le grand jour revienne,&lt;br /&gt;
J'ouvre un livre o&#249; l'histoire enseigne &#224; m&#233;diter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans ce que je lis, comme en mon existence&lt;br /&gt;
Je retrouve mon &#226;me et la vois s'&#233;lancer,&lt;br /&gt;
Combattre et tour &#224; tour s'&#233;lever, s'abaisser...&lt;br /&gt;
&#194;me de pl&#233;b&#233;ien qui g&#233;mit et qui pense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle porte des fers qu'elle rompra demain.&lt;br /&gt;
Et toujours mis&#233;rable et toujours indompt&#233;e&lt;br /&gt;
Mord le joug qui l'opprime, esclave r&#233;volt&#233;e&lt;br /&gt;
De ces mille tyrans qui se donnent la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout o&#249; l'&#226;me humaine est en spectacle et souffre,&lt;br /&gt;
&#201;norme &#233;crasement des petits par les grands ;&lt;br /&gt;
De Nemrod le chasseur aux derniers conqu&#233;rants ;&lt;br /&gt;
Partout o&#249; de la mort le mal nourrit le gouffre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reconnais ma plainte et ma r&#233;bellion.&lt;br /&gt;
Le cri de Spartacus, de Christ et de Socrate,&lt;br /&gt;
Comme un &#233;cho vivant dans ma poitrine &#233;clate,&lt;br /&gt;
Et je sens sourdre en moi la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout du sang, des lois cruelles, des entraves,&lt;br /&gt;
Une lutte sans fin, un incessant effort ;&lt;br /&gt;
L'humanit&#233; veut vivre et repousse la mort ;&lt;br /&gt;
Et partout les tyrans &#233;crasent les esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on voit s'affermir leur domination&lt;br /&gt;
Sur tant de pauvret&#233; de principe et d'id&#233;e,&lt;br /&gt;
Qu'il faut d'aveuglement &#234;tre bien poss&#233;d&#233;e&lt;br /&gt;
Pour en subir le joug, quand on est nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lequel est le plus fort, le plus grand, le plus digne,&lt;br /&gt;
Ou du peuple ou du chef qui sur lui veut r&#233;gner.&lt;br /&gt;
Qui des deux doit servir et qui doit ordonner.&lt;br /&gt;
La raison a parl&#233; ! que l'orgueil se r&#233;signe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple est souverain. S'il lui pla&#238;t d'investir&lt;br /&gt;
D'un titre ou d'un mandat que son pouvoir partage&lt;br /&gt;
Quelques grands citoyens &#233;lus par son suffrage,&lt;br /&gt;
Ce que son pouvoir cr&#233;e, il peut l'an&#233;antir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit de travailler pour soi, de vivre libre,&lt;br /&gt;
&#201;gaux devant la loi nous appartient &#224; tous.&lt;br /&gt;
Nous travaillons pour ceux qui gouvernent pour nous&lt;br /&gt;
Et la justice en vain cherche son &#233;quilibre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! si nos gouvernants nous avaient enseign&#233;&lt;br /&gt;
Que le pauvre a pour lot l'&#233;ternelle mis&#232;re&lt;br /&gt;
Et qu'humble il doit ramper ainsi qu'un ver de terre.&lt;br /&gt;
Le pauvre, mal instruit, s'y serait r&#233;sign&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce vers ne figure pas dans la version de ce po&#232;me publi&#233;e en 1868 dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ils nous ont donn&#233; l'universel suffrage.&lt;br /&gt;
Depuis quatre-vingts ans, sur le marbre et l'airain,&lt;br /&gt;
Ils ont grav&#233; le nom du peuple souverain,&lt;br /&gt;
Fond&#233; le droit nouveau, renvers&#233; le vieil &#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des paroles de Christ ils se sont souvenus ;&lt;br /&gt;
Fraternit&#233;. Grand mot. &#192; la raison humaine&lt;br /&gt;
Ils ont fait un appel et d&#233;li&#233; sa cha&#238;ne.&lt;br /&gt;
Ils ont dit aux penseurs : Soyez les bienvenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont dit qu'ils voulaient &#233;manciper, instruire,&lt;br /&gt;
Moraliser. Chacun, citoyen et soldat,&lt;br /&gt;
Serait mis au niveau de ce double mandat.&lt;br /&gt;
Le servage du corps, ils devaient le d&#233;truire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le peuple g&#233;mit sous les m&#234;mes fardeaux&lt;br /&gt;
S'il vit, angoisses, faim, sueur, deuil, infortune !&lt;br /&gt;
S'il meurt, il est couch&#233; dans la fosse commune :&lt;br /&gt;
Sa souverainet&#233; finit avec ses maux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vient un jour, o&#249; las d'esp&#233;rer et d'attendre&lt;br /&gt;
La libert&#233; qui marche &#224; pas lents dans la nuit,&lt;br /&gt;
Loin des chemins sacr&#233;s le pl&#233;b&#233;ien s'enfuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si dans la tombe il se sentait descendre,&lt;br /&gt;
Il s'arr&#234;te, il se couche, il d&#233;plore son sort,&lt;br /&gt;
Et maudit l'esp&#233;rance en appelant la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour de lui tout est silence et solitude.&lt;br /&gt;
D'un implacable azur le ciel para&#238;t peser&lt;br /&gt;
Sur la terre et vouloir de son poids l'&#233;craser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La torpeur se r&#233;pand avec la languitude&lt;br /&gt;
Dans l'atmosph&#232;re lourde o&#249; tout semble implorer&lt;br /&gt;
Le soleil dont le feu br&#251;le au lieu d'&#233;clairer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plante se dess&#232;che et penche sur sa tige,&lt;br /&gt;
Le fruit tombe, la fleur s'effeuille et se fl&#233;trit.&lt;br /&gt;
L'oiseau morne se tait, la source se tarit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature a perdu sa gr&#226;ce et son prestige,&lt;br /&gt;
Tout agonise et meurt dans un calme effrayant.&lt;br /&gt;
Soudain la foudre brille et gronde &#224; l'orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Embl&#232;me de la Force, &#244; peuple, &#244; majest&#233;,&lt;br /&gt;
Que je souffre &#224; te voir te vautrer dans la boue.&lt;br /&gt;
Toi qu'on flatte &#224; l'&#233;gal des rois et qu'on bafoue&lt;br /&gt;
Quand sur ta large &#233;paule au fa&#238;te on est mont&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tes puissantes voix qu'on capte le suffrage !&lt;br /&gt;
De tes robustes bras qu'on arme la fureur !&lt;br /&gt;
Qu'on te lance &#224; l'assaut des abus du vieil &#226;ge,&lt;br /&gt;
Pour exploiter la force en semant la terreur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peuple, bouc &#233;missaire &#233;ternel de l'histoire,&lt;br /&gt;
Chargeant ton cou des fers que l'on t'a fait briser,&lt;br /&gt;
Vainqueur, de ton triomphe on te vole la gloire ;&lt;br /&gt;
Vaincu, dans ta d&#233;faite on te laisse &#233;craser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils t'ont dit que la force &#233;tait la loi supr&#234;me&lt;br /&gt;
Et que le plus grand nombre a le droit d'ordonner.&lt;br /&gt;
Sur ton auguste front mets donc le diad&#232;me ;&lt;br /&gt;
Si le plus fort est roi, c'est &#224; toi de r&#233;gner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#232;ve-toi ; de la force indomptable victime,&lt;br /&gt;
Montre comment l'agneau se transforme en lion.&lt;br /&gt;
Que ta dolente voix qui g&#233;mit dans l'ab&#238;me&lt;br /&gt;
Jette le cri tonnant de la r&#233;bellion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avant ! En avant !&lt;br /&gt; Ah ! je veux bien combattre,&lt;br /&gt;
Dis-tu, comme je sais vaincre, je sais mourir,&lt;br /&gt;
Mais, enfant de la terre, une m&#232;re mar&#226;tre&lt;br /&gt;
Mort me garde et vivant ne veut pas me nourrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces tiges qu'en un jour j'avais d&#233;racin&#233;es&lt;br /&gt;
En m&#226;chant la cartouche am&#232;re au lieu de pain,&lt;br /&gt;
Je les vois refleurir en t&#234;tes couronn&#233;es&lt;br /&gt;
Je peux d'un souffle encor les broyer, mais j'ai faim !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; rayonne en haut des barricades&lt;br /&gt;
Mais la famille attend notre gain journalier ;&lt;br /&gt;
Le fusil prol&#233;taire &#233;teint les canonnades,&lt;br /&gt;
Mais la mis&#232;re &#233;teint la lampe et le foyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la victoire au moins domptait cette souffrance.&lt;br /&gt;
Si la patrie encore payait sa fiert&#233;&lt;br /&gt;
Et si ceux qu'on nomma les sauveurs de la France&lt;br /&gt;
De se sauver eux-m&#234;mes avaient la volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aurions recueilli pendant les trois journ&#233;es,&lt;br /&gt;
Du pain pour nos enfants et des balles pour nous ;&lt;br /&gt;
Afin qu'on ne v&#238;t pas, dans la rue, obstin&#233;es&lt;br /&gt;
Les femmes des h&#233;ros mendier &#224; genoux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les vingt vers pr&#233;c&#233;dents ne figurent dans la version de ce po&#232;me publi&#233;e en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peuple, il ne suffit plus de la Force et du Nombre ;&lt;br /&gt;
Pour vaincre, il faut l'Id&#233;e. Ah ! connais mieux ton sort.&lt;br /&gt;
Tu nourris en toi-m&#234;me un ennemi plus fort&lt;br /&gt;
Qui te frappe sans cesse et marche dans ton ombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il te laisse ignorer ce que tu dois savoir ;&lt;br /&gt;
Pour toutes les horreurs, il t'ouvre des &#233;coles ;&lt;br /&gt;
Il invoque ton nom en des discours frivoles&lt;br /&gt;
Qui te vantent ton droit et jamais ton devoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ton plus grand ennemi, c'est ta propre ignorance.&lt;br /&gt;
Instruis-toi, travailleur, chasse-la de ton sein ;&lt;br /&gt;
Sinon la libert&#233; perdra toute esp&#233;rance,&lt;br /&gt;
Voyant l'atelier vide et le cabaret plein&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gaston Cr&#233;mieux, &#171; Les Voix du Peuple &#187; dans Le Peuple (Marseille), 6 mai 1868&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_87 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;225&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://marseille1871.fr/IMG/jpg/cremieux2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://marseille1871.fr/local/cache-vignettes/L500xH666/cremieux2-3cddf.jpg?1764712650' width='500' height='666' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-87 '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Portrait de &lt;dico&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article56261&amp;recherche=Cr&#233;mieux&#034; class='spip_out' title=&#034;D&#233;finition&#160;: N&#233; &#224; N&#238;mes le 22 juin 1836 ; ex&#233;cut&#233; au Pharo de Marseille le 30 novembre (&#8230;)&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; Gaston (1836-1871), avocat, directeur du comit&#233; r&#233;volutionnaire de Marseille en 1871 &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-87 '&gt;Photographie d'Ernest Charles Appert, vers 1870. Mus&#233;e Carnavalet (Paris), Libre de droits sur Commons.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce vers ne figure pas dans la version de ce po&#232;me publi&#233;e en 1868 dans le recueil &lt;em&gt;Marseillaises. N&#233;m&#233;mis de Gaston &lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, op. cit., pp. 16-20, ni dans celle qui para&#238;tra en 1879 dans ses &#338;uvres posthumes, op.cit., pp. 257-262.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les vingt vers pr&#233;c&#233;dents ne figurent dans la version de ce po&#232;me publi&#233;e en 1879 dans les &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes&lt;/em&gt; de Gaston &lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;, op. cit., pp. 257-262.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gaston &lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;, &#171; Les Voix du Peuple &#187; dans &lt;em&gt;Le Peuple&lt;/em&gt; (Marseille), 6 mai 1868&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://marseille1871.fr/IMG/mp3/en_avant_.mp3" length="3186600" type="audio/mpeg" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bibliographie et sitographie indicatives </title>
		<link>https://marseille1871.fr/Bibliographie-et-sitographie-indicatives-60</link>
		<guid isPermaLink="true">https://marseille1871.fr/Bibliographie-et-sitographie-indicatives-60</guid>
		<dc:date>2025-01-27T11:52:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>bruno</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Aubray Maxime et Michelesi Sylla, Histoire des &#233;v&#233;nements de Marseille du 4 septembre 1870 au 4 avril 1871, Marseille, imp. T. Samat, 1872. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bitton Mich&#232;le, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Gaston Cr&#233;mieux journaliste &#224; L'&#201;galit&#233; avant la Commune de Marseille (1er mai 1870-20 mars 1871), Marseille, 2021. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; 1871 la Commune de Marseille du drapeau rouge au bagne cal&#233;donien, Marseille, 2024. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cr&#233;mieux Gaston, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Mon cadeau de noces, &#224; ma cousine L&#233;onie Vidal, &#224; mon cousin Esdras Cr&#233;mieux, &#224; mon oncle Hippolyte Vidal, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://marseille1871.fr/-Gaston-Cremieux-Textes-choisis-16-" rel="directory"&gt;Gaston Cr&#233;mieux - Textes choisis&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aubray Maxime et Michelesi Sylla, &lt;em&gt;Histoire des &#233;v&#233;nements de Marseille du 4 septembre 1870 au 4 avril 1871&lt;/em&gt;, Marseille, imp. T. Samat, 1872.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bitton Mich&#232;le,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;em&gt;Gaston &lt;/em&gt;&lt;dico&gt;&lt;em&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/dico&gt;&lt;em&gt; journaliste &#224; L'&#201;galit&#233; avant la Commune de Marseille (1er mai 1870-20 mars 1871)&lt;/em&gt;, Marseille, 2021.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;em&gt;1871 la Commune de Marseille du drapeau rouge au bagne cal&#233;donien&lt;/em&gt;, Marseille, 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; Gaston,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;em&gt; Mon cadeau de noces, &#224; ma cousine L&#233;onie Vidal, &#224; mon cousin Esdras &lt;/em&gt;&lt;dico&gt;&lt;em&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/dico&gt;&lt;em&gt;, &#224; mon oncle Hippolyte Vidal,&lt;/em&gt; N&#238;mes, &#233;diteurs Baldy et Roger, 1857. &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href='https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55444191' rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k55444191&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;em&gt;A l'Italie. Cent vers&lt;/em&gt;, N&#238;mes, Librairie Manlus Salles, 1859.&lt;br /&gt;
&lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href='https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5542463t' rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k5542463t&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;em&gt;Les Marseillaises&lt;/em&gt;. &lt;em&gt;N&#233;m&#233;sis&lt;/em&gt;, Marseille, Imprimerie commerciale F. Canquoin, 1868. &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href='https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5608615f' rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k5608615f&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes, pr&#233;c&#233;d&#233;es d'une lettre de Victor Hugo et d'une notice par A. Naquet d&#233;put&#233;&lt;/em&gt; ; Paris, Dentu, 1879. &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href='https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k86583z' rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k86583z&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier fran&#231;ais &lt;/em&gt;initi&#233; par Jean Maitron , aujourd'hui en ligne : &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href='http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/' rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; Outre la notice de Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; on y trouvera celles des prisonniers qu'il &#233;voque dans ses &lt;em&gt;Impressions d'un condamn&#233; &#224; mort&lt;/em&gt;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rabatau Augustin et Legr&#233; Ludovic ; &lt;em&gt;La ville de Marseille. L'insurrection du 23 mars 1871 et la loi du 10 vend&#233;miaire an IV&lt;/em&gt;, Paris, Chamerot, 1874. 82 pages.&lt;br /&gt;
&lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href='https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54570631/f2' rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k54570631/f2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vignaud Roger&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;em&gt;Gaston &lt;/em&gt;&lt;dico&gt;&lt;em&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/dico&gt;&lt;em&gt; : la Commune de Marseille, un r&#234;ve inachev&#233;&lt;/em&gt;, Aix-en-Provence, Edisud, 2003.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;em&gt;La Commune de Marseille. Dictionnaire&lt;/em&gt;, Aix-en-Provence, &#201;disud, 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gaston Cr&#233;mieux</title>
		<link>https://marseille1871.fr/Gaston-Cremieux-56</link>
		<guid isPermaLink="true">https://marseille1871.fr/Gaston-Cremieux-56</guid>
		<dc:date>2025-01-27T11:17:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>bruno</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En ce 150e anniversaire des Communes de 1871 de Paris, de Marseille et d'autres villes, on comm&#233;morera aussi la disparition du dirigeant de la Commune de Marseille, Gaston Cr&#233;mieux fusill&#233; &#224; l'&#226;ge de 35 ans le 30 novembre 1871 sur le champ de man&#339;uvres militaire du Pharo. &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;publicain ardent et humaniste, persuad&#233; que la R&#233;publique sera sociale et europ&#233;enne, Gaston Cr&#233;mieux avait de multiples talents : avocat de profession, il &#233;tait aussi un conf&#233;rencier v&#233;h&#233;ment et un &#233;crivain prolixe, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://marseille1871.fr/-Gaston-Cremieux-Textes-choisis-16-" rel="directory"&gt;Gaston Cr&#233;mieux - Textes choisis&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ce 150e anniversaire des Communes de 1871 de Paris, de Marseille et d'autres villes, on comm&#233;morera aussi la disparition du dirigeant de la Commune de Marseille, Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; fusill&#233; &#224; l'&#226;ge de 35 ans le 30 novembre 1871 sur le champ de man&#339;uvres militaire du Pharo.&lt;br /&gt;
R&#233;publicain ardent et humaniste, persuad&#233; que la R&#233;publique sera sociale et europ&#233;enne, Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; avait de multiples talents : avocat de profession, il &#233;tait aussi un conf&#233;rencier v&#233;h&#233;ment et un &#233;crivain prolixe, po&#232;te, dramaturge et journaliste. R&#233;volutionnaire et patriote, l&#233;galiste mais parfois exalt&#233;, il mit, les derni&#232;res ann&#233;es de sa vie, tous ses talents au service du peuple et de l'instruction des deux sexes, r&#234;vant et luttant aux c&#244;t&#233;s des ouvriers et des d&#233;mocrates marseillais pour plus de justice, de libert&#233; et de dignit&#233; sociales et politiques.&lt;br /&gt;
Une partie de ses &#233;crits furent r&#233;unis huit ans apr&#232;s sa disparition dans ses &lt;em&gt;&#338;uvres posthumes&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gaston Cr&#233;mieux, &#338;uvres posthumes, pr&#233;c&#233;d&#233;es d'une lettre de Victor Hugo et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, recueil qui rassemble &#224; la fois des po&#232;mes publi&#233;s de son vivant, tel que &lt;em&gt;Les voix du peuple&lt;/em&gt; pr&#233;sent&#233; ici, paru pour la premi&#232;re fois en 1868 dans le journal &lt;em&gt;Le Peuple&lt;/em&gt;, ainsi que des textes in&#233;dits &#233;crits en prison. Le deuxi&#232;me texte pr&#233;sent&#233;, &lt;em&gt;Impressions d'un condamn&#233; &#224; mort&lt;/em&gt;, est un r&#233;cit sous forme de journal qu'il &#233;crivit en prison &#224; partir du 28 juin 1871, jour o&#249; il apprit que le conseil de guerre l'avait condamn&#233; &#224; la peine de mort, et qu'il cl&#244;tura quelques jours avant son ex&#233;cution.&lt;br /&gt;
Au-del&#224; de leurs diff&#233;rences de style et des situations dans lesquels ils furent &#233;crits, ces deux textes s'av&#232;rent, &lt;em&gt;a posteriori&lt;/em&gt;, intimement li&#233;s ; le premier contenant les aspirations g&#233;n&#233;reuses que Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; paiera trois ans plus tard de sa vie en tombant foudroy&#233; par douze balles dans la poitrine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victime et h&#233;ros de la Commune de Marseille, Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; a plusieurs lieux de m&#233;moire &#224; Marseille : le monument fun&#233;raire &#233;lev&#233; sur son caveau, augment&#233; d'une plaque comm&#233;morative, un boulevard &#224; son nom, &#233;galement augment&#233; d'une plaque, et une troisi&#232;me plaque comm&#233;morative au Ch&#226;teau-d'If, une des prisons o&#249; il fut incarc&#233;r&#233;. Il reste cependant encore peu connu.&lt;br /&gt;
L'ouvrage publi&#233; par l'avocat Roger Vignaud il y a maintenant dix-huit ans, Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;. &lt;em&gt;La Commune de Marseille, un r&#234;ve inachev&#233;&#8230;[&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' class=&#034;spip_url&#034; title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;spip.php?definition2&amp;recherche=...&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;[Roger Vignaud, Gaston &lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;, la Commune de Marseille un r&#234;ve inachev&#233;&#8230;, Aix-en-Provence, &#201;disud, 2003. 286 pages.&lt;em&gt;]]&lt;/em&gt; est le seul &#224; avoir &#233;t&#233; consacr&#233; &#224; l'ensemble de l'itin&#233;raire de Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;, depuis sa naissance en 1836 &#224; N&#238;mes (Gard), dans une famille juive modeste et nombreuse, ses &#233;crits de jeunesse, son installation &#224; Marseille en 1862 et tous les engagements et les luttes qu'il y mena. Apr&#232;s cette vaste fresque qui &#233;claire aussi le contexte historique, aussi mouvement&#233; au plan national que local, des ann&#233;es 1870 et 1871 et des ultimes engagements de Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;, Vignaud publia aussi un dictionnaire biographique et th&#233;matique fort utile sur la Commune de Marseille&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roger Vignaud, La Commune de Marseille. Dictionnaire ; Aix-en-Provence, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En 2011, il r&#233;unit ces deux ouvrages en un seul, &lt;em&gt;La Commune r&#233;volutionnaire de 1871 &#224; Marseille&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roger Vignaud, La Commune r&#233;volutionnaire de 1871 &#224; Marseille ; Marseille, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sous ce titre qui ne fait plus r&#233;f&#233;rence &#224; Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;, Vignaud a r&#233;duit et remani&#233; son premier ouvrage en prenant &#171; le parti de ne plus parler de l'enfance de &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; et de son parcours personnel dans sa ville d'origine, N&#238;mes, mais de privil&#233;gier l'histoire de la Commune de 1871 &#224; Marseille en apportant de nombreux ajouts et commentaires sur cette p&#233;riode insurrectionnelle.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roger Vignaud ; La Commune r&#233;volutionnaire de 1871 &#224; Marseille, op. cit., p. 4.&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, j'esp&#232;re pouvoir pr&#233;senter avant la fin de l'ann&#233;e 2021, dont on ne sait si elle verra la fin de cette cette terrible pand&#233;mie, un recueil plus large d'&#233;crits de Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; qui rassemblera la soixantaine d'articles qu'il signa dans &lt;em&gt;l'&#201;galit&#233;&lt;/em&gt;, depuis le premier num&#233;ro de ce journal fond&#233; &#224; Marseille le 1er mai 1870, jusqu'au 20 mars 1871. Ces articles furent ses derniers &#233;crits publi&#233;s de son vivant, si l'on excepte les proclamations qu'il signa seul ou avec d'autres membres de la Commission d&#233;partementale provisoire des Bouches du Rh&#244;ne jusqu'au 4 avril 1871. Par leur nombre et par leur volume, ses articles dans&lt;em&gt; l'&#201;galit&#233;&lt;/em&gt; constituent non seulement la part plus importante de son &#339;uvre journalistique mais aussi son testament politique ; &#233;crits au plus pr&#232;s de la Commune de Marseille, ils sont d'autant plus essentiels que Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; n'a laiss&#233; aucun ouvrage dans lequel il aurait davantage d&#233;velopp&#233; ses positions id&#233;ologiques et politiques avant son ultime engagement dans la Commune qu'il paya de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il mit fin &#224; sa collaboration &#224; &lt;em&gt;l'&#201;galit&#233;&lt;/em&gt; le 20 mars 1871, les Marseillais n'avaient encore que de vagues &#233;chos sur la Commune de Paris qui avait d&#233;but&#233; le 18 mars. D&#232;s qu'ils en furent mieux inform&#233;s, Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;, dans un discours prononc&#233; dans la soir&#233;e du 22 mars dans la salle de l'Eldorado &#224; la Plaine, appela &#224; la solidarit&#233; avec Paris et contre le gouvernement qui s'&#233;tait r&#233;fugi&#233; &#224; Versailles. Le lendemain, apr&#232;s des manifestations houleuses, il &#233;tait nomm&#233; Pr&#233;sident de la Commission d&#233;partementale provisoire des Bouches-du-Rh&#244;ne qui se substitua &#224; l'autorit&#233; pr&#233;fectorale durant les douze jours de la Commune r&#233;volutionnaire de Marseille, du 23 mars au 4 avril 1871. Au terme d'une journ&#233;e de combats sanglants et de bombardements d&#233;mesur&#233;s, le g&#233;n&#233;ral Espivent de la Villeboisnet, commandant l'&#233;tat de si&#232;ge &#224; Marseille, et les marins de deux b&#226;timents d'&#233;tat eurent finalement raison des insurg&#233;s ; dans la nuit du 4 au 5 avril la Commune de Marseille &#233;tait &#233;cras&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;t&#233; dans la nuit du 7 au 8 avril, Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; fut incarc&#233;r&#233; dans diff&#233;rentes prisons marseillaises et jug&#233; deux mois plus tard. Du 12 au 28 juin 1871, il fut jug&#233; devant le Conseil de guerre de la 9e division militaire si&#233;geant &#224; Marseille avec seize autres protagonistes de la Commune de Marseille qui, comme lui, n'avaient pas quitt&#233; la France pour &#233;chapper aux poursuites judiciaires. Le 28 juin 1871, Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; et deux autres de ses co-accus&#233;s, Auguste &#201;tienne (p&#232;re) et Alphonse P&#233;lissier, &#233;taient condamn&#233;s &#224; la peine de mort ; seul Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; sera ex&#233;cut&#233; tandis que ses compagnons de peine furent graci&#233;s.&lt;br /&gt;
Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; fut le troisi&#232;me et le dernier communard fusill&#233; &#224; Marseille apr&#232;s jugement. Avant lui, deux soldats qui avaient rejoint les insurg&#233;s avaient &#233;t&#233; fusill&#233;s au Pharo apr&#232;s avoir &#233;t&#233; eux aussi condamn&#233;s &#224; la peine de mort par le m&#234;me conseil de guerre : &#201;douard &lt;dico&gt;&lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition13&amp;recherche=Paquis' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Paquis&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;, soldat au 6e bataillon des chasseurs &#224; pied, fusill&#233; le 16 septembre 1871 &#224; l'&#226;ge de 32 ans, et Joseph &lt;dico&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article58713&amp;recherche=Estragnat&#034; class=&#034;spip_out&#034; title=&#034;D&#233;finition : N&#233; le 22 avril 1849 &#224; Tarare (Rh&#244;ne) ; soldat au 16e r&#233;giment (&#8230;)&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Estragnat&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt;, soldat 2e classe au 6e r&#233;giment d'infanterie, fusill&#233; le 30 octobre 1871 &#224; l'&#226;ge de 22 ans.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_86 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;256&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://marseille1871.fr/IMG/jpg/cremieux-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://marseille1871.fr/local/cache-vignettes/L500xH809/cremieux-2-14121.jpg?1764712651' width='500' height='809' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-86 '&gt;&lt;strong&gt;Portrait photographique anonyme de Gaston &lt;dico&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article56261&amp;recherche=Cr&#233;mieux&#034; class='spip_out' title=&#034;D&#233;finition&#160;: N&#233; &#224; N&#238;mes le 22 juin 1836 ; ex&#233;cut&#233; au Pharo de Marseille le 30 novembre (&#8230;)&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;&lt;/dico&gt; ayant appartenu &#224; Victor Hugo dans sa maison de Guernesey.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-86 '&gt;Clich&#233; aimablement communiqu&#233; par Alexandrine Achille, charg&#233;e de la collection photographique des Maisons Victor Hugo de Paris et de Guernesey.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mich&#232;le Bitton, septembre 2021&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gaston &lt;a href='https://marseille1871.fr/spip.php?definition2&amp;recherche=Cr&#233;mieux' title=&#034;D&#233;finition :&#034;&gt;Cr&#233;mieux&lt;/a&gt;, &#338;uvres posthumes, pr&#233;c&#233;d&#233;es d'une lettre de Victor Hugo et d'une notice par A. Naquet d&#233;put&#233; ; Paris, Dentu, 1879. 276 pages. Cet ouvrage a &#233;t&#233; r&#233;&#233;dit&#233; plusieurs fois &#224; l'identique jusqu'en 1887. Une de ses &#233;ditions num&#233;ris&#233;e est consultable sur le site Gallica de la Biblioth&#232;que nationale de France (4e &#233;dition, 1882) : &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href='https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k86583z' rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k86583z&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roger Vignaud, La Commune de Marseille. Dictionnaire ; Aix-en-Provence, &#201;disud, 2005. 195 pages.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roger Vignaud, La Commune r&#233;volutionnaire de 1871 &#224; Marseille ; Marseille, ARRA, 2011. 373 pages.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roger Vignaud ; La Commune r&#233;volutionnaire de 1871 &#224; Marseille, op. cit., p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
